Selon une étude de l’Institut National de l’Environnement industriel et des Risques (INERIS) sur l’exposition aux pesticides dans l’environnement intérieur, 94 % des foyers étudiés recèlent des pesticides. Un français passe en moyenne 22 heures sur 24 en espace clos ou semi-clos.
Pour mieux connaître les impacts de l’exposition humaine aux polluants environnementaux, dont les pesticides, l’INERIS (l’Institut National de l’Environnement industriel et des Risques) a réalisé, avec la Faculté des Sciences Pharmaceutiques et Biologiques de l’Université Paris V, une campagne de mesure évaluant l’exposition d’enfants franciliens à certains pesticides présents dans l’environnement intérieur. L’étude (projet EXPOPE) a porté sur 130 enfants répartis en l’Ile-de-France.
L’étude de l’INERIS a porté sur 31 composés (des insecticides, herbicides ou fongicides) sélectionnés en fonction de leur utilisation, de leur toxicité et de leur rémanence.
Les mesures ont été menées chez 73 enfants vivant en pavillon et 57 enfants vivant en appartement. Tous étaient âgés de 6 à 7 ans, et scolarisés en écoles élémentaires réparties sur trois zones d’Ile de France (Paris intra muros et petite couronne, Essonne et Val d’Oise).
55% des logements étaient des maisons individuelles avec jardin, un appartement dans 41,5% des cas, et un autre type d’habitat (maison de ville sans jardin, appartement en rez-de-jardin privatif) dans 3,5% des cas.
La date de construction du logement était antérieure à 1955 dans 29%, comprise entre 1955 et 1969 dans 12%, et postérieure à 1969 dans 54% des cas.
Un animal était présent dans 26% des foyers, plus d’un animal dans 6% et aucun animal dans 68%. Un chat ou un chien était présent dans 29% des foyers.
55,5% des foyers possédaient un jardin privatif, 32% une cour intérieure, 24% d’une cour paysagée, 95% de jardins attenants ou d’espaces verts à proximité (moins de 100 mètres du domicile) et 31,5% des domiciles donnaient sur une rue plantée d’arbres.
L’exposition des enfants a été évaluée avec des questionnaires, des prélèvements d’air, de poussières déposées sur les sols au domicile, des résidus cutanés manuportés et des recueils d’urines.
Résultats ? Au moins un produit de type pesticide était présent dans 94 % des logements, dont certains pesticides interdits. Si 87 % des familles ont déclaré avoir utilisé au moins un pesticide, souvent un insecticide, durant l’année précédant l’enquête, un produit de type pesticide a été trouvé au domicile dans 94 % des cas (insecticide dans 93 % des cas, fongicide pour plantes dans 30 % des cas et herbicide dans 32 % des cas).
88,5 % des foyers possédaient un insecticide appartenant à la famille chimique des pyréthrinoïdes. A cela s’ajoute au moins un insecticide appartenant à une autre famille dans 41 % des foyers (carbamates 21,5%, dont propoxur 15,5%, fipronil 16%, dicofol 15,5%). Plus d’un quart des familles ont signalé l’intervention à leur domicile d’un professionnel de la désinsectisation.
Les mesures ont montré que le lindane, l’alpha-HCH et le propoxur étaient les pesticides les plus fréquemment retrouvés dans l’air (dans 88%, 49% et 44% des logements, respectivement). Les niveaux d’organophosphorés (OPs) et de propoxur dans l’air et sur les mains étaient significativement corrélés. Le type de logement et son ancienneté sont des facteurs influençant les concentrations aériennes en lindane et en alpha-HCH.
La saison, le type de logement ainsi que la présence de plantes à l’intérieur du domicile sont significativement associés aux niveaux de résidus cutanés d’insecticides OPs. Soixante dix pour cent des enfants ont excrété au moins un des six métabolites urinaires des Ops (dialkylphosphates). Le traitement anti-termite est significativement associé à des niveaux plus élevés de dialkylphosphates urinaires.
Enfin, le fait d’habiter une maison est associé à des concentrations plus importantes en isopropoxyphénol urinaire (marqueur spécifique de l’exposition au propoxur).