Le marché mondial du dioxyde de carbone a plus que doublé en 2007 par rapport à l’année 2006, et a pris une valeur de 64 milliards de dollars, d’après les indications de la Banque Mondiale dans un rapport publié mercredi.
Le marché européen de permis d’émissions de dioxyde de carbone a de son côté plus que doublé en valeur sur la période 2006-2007 et atteint désormais les 50 milliards de dollars, d’après le rapport de la Banque Mondiale.
Le marché de compensation d’émissions de dioxyde de carbone mis en place par le Protocole de Kyoto, qui consiste à réaliser des réductions d’émissions en dehors du monde industrialisé, a également plus que doublé en valeur entre 2006 et 2007 pour atteindre les 13,4 milliards de dollars, d’après les données présentées par la Banque Mondiale lors d’un salon du commerce en Allemagne.
Tandis que le marché général de compensation a augmenté, les volumes échangés dans le cadre du Mécanisme de Développement Propre dans les pays en développement est passé de 551 millions de tonnes en 2006 à 537 millions de tonnes en 2007.
Le marché du Mécanisme de Développement Propre a été ralenti par des retards de procédure, par la demande à court terme plus faible que prévue et par la dernière décision de l’Union Européenne de geler les nouvelles demandes pour les projets du Mécanisme de Développement Propre pour s’assurer que les états membres s’engageront à réduire leurs propres émissions après 2012.
Le mécanisme de développement propre (MDP) est un mécanisme économique de la finance du carbone qui fut élaboré dans le cadre du Protocole de Kyoto. Son but premier est de réduire les émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial.
L'utilisation de mécanismes de marché vise à récompenser l'instauration de technologies de réduction d'émissions dans les pays en voie de développement, et à en monétariser la valeur, négociée en unités d'équivalent d'une tonne de CO2.
Une entreprise d'un pays développé investit pour une amélioration technologique dans un pays en voie de développement et rapatrie la valeur financière des réductions d'émissions de CO2 en résultant.
Le marché de l’ « application conjointe », qui comprend des réductions d’émissions basées sur des projets d’anciens pays soviétiques, est passé de 141 millions de dollars en 2006 à 499 millions de dollars en 2007.
« L'application conjointe » est un programme du Protocole de Kyoto qui permet aux pays développés d’atteindre une partie des réductions de gaz à effet de serre qui leur sont requises en finançant des projets qui réduisent les émissions dans d’autres pays industrialisés.
Dans la pratique, cela consiste en la construction d’installations dans les pays d’Europe de l’Est et de l’ex-Union soviétique financées par les pays d’Europe occidentale et d’Amérique du Nord.
Les gouvernements offrant leurs appuis recevront des crédits qui pourraient être utilisés pour leurs objectifs d’émissions, les pays récipiendaires gagneront en investissement étranger et en technologie avancée.
Le système a des avantages de flexibilité et d’efficience. Il est souvent plus moins coûteux d’entreprendre un travail d’efficacité énergétique dans les pays en transition et de réaliser de plus grosses réductions d’émissions. L’atmosphère en bénéficie quel que soit l’endroit où ces réductions sont réalisées.
« Alors que la coopération mondiale visant à lutter contre le changement climatique est plus importante que jamais, le fait que les pays en développement bénéficieront du marché du dioxyde de carbone est remis en question » a déclaré Karan Capoor, expert en dioxyde de carbone pour la Banque Mondiale.