La maltraitance dans l’enfance entraînerait des changements génétiques 07/05/2008 13:35 (Par Sandra BESSON)
La maltraitance dans l’enfance entraînerait des changements génétiques
D'après une nouvelle étude, la maltraitance et la négligence dans l'enfance se traduiraient par des changements génétiques chez les personnes victimes de ces mauvais traitements.
Les personnes qui se suicident et qui avaient été maltraitées dans leur enfance présentent des changements génétiques clairs dans leur cerveau, d’après ce que des chercheurs canadiens ont déclaré mardi.
Ils affirment que leurs découvertes indiquent que la négligence et la maltraitance peuvent avoir des conséquences biologiques chez les victimes.
Leurs découvertes pourraient aider à trouver des manières de découvrir quelles sont les personnes à haut risque de suicide, et pourraient également permettre peut-être d'aider ces personnes à se soigner et à prévenir des suicides futurs.
D’après les chercheurs, les découvertes permettraient également de constater à quel point la négligence et les maltraitances peuvent perpétuer un comportement malsain à travers les générations.
Moshe Szyf de l’Université McGill à Montréal et ses collègues ont étudié les cerveaux de 18 hommes qui se sont suicidés et qui avaient été maltraités dans leur enfance, et les ont comparés à ceux de douze hommes qui étaient également morts subitement mais d’autres causes, et qui n’avaient pas été maltraités.
Les chercheurs ont découvert des changements génétiques chez les 18 suicidés. Les changements génétiques ne figuraient pas sur les gènes eux-mêmes mais sur l'acide ribonucléique (ARN), qui est un polymère similaire à l’ADN qui fabrique les protéines qui en retour font fonctionner les cellules.
Ces changements impliquent un processus chimique appelé « methylation » en anglais, qui correspond à un processus qui consiste à éteindre et à allumer les gènes, d’après ce qu’ont écrit les chercheurs dans le Public Library of Science journal PLoS ONE.
« La grande question est de savoir si les scientifiques peuvent détecter des changements similaires dans l’ADN –qui pourrait permettre d’effectuer des tests de diagnostics simples- et si nous pourrions concevoir des interventions pour effacer ces différences » a déclaré Moshe Szyf.
Le Dr. Eric Nestler de l’Université du Texas à Dallas a déclaré que les médicaments et les psychothérapies pourraient aider à effacer certains de ces changements génétiques.
« Nous pensons qu’une personne qui se sent mieux après une psychothérapie constate des changements dans son cerveau » a déclaré Eric Nestler.
Un collègue de Moshe Szyf, Michael Meaney, a montré chez des animaux que la maltraitance ou la négligence des parents pouvaient affecter le cerveau et le comportement des enfants.