Le monde peut se mettre d’accord sur un nouveau pacte significatif sur le changement climatique d’ici la fin de l’année 2009 si les discussions actuelles conservent le même élan qu’elles ont actuellement, d’après les déclarations du directeur du Groupe Intergouvernemental d’Experts des Nations Unies sur l’Evolution du Climat (GIEC).
Les Nations Unies ont commencé les négociations à propos d’un nouveau pacte de remplacement du Protocole de Kyoto en mars dernier après que la conférence de Bali en décembre 2007 au cours de laquelle les gouvernements avaient accepté d’élaborer un nouveau traité d’ici la fin de l’année 2009.
« Si cet enthousiaste continue, on obtiendra un accord qui ne sera pas plein de compromis » a déclaré Rajendra Pachauri, directeur du GIEC, lors d’un séminaire au meeting annuel de la Banque Asiatique de Développement à Madrid.
Sans accord pour limiter les émissions de gaz à effet de serre en 2015, puis pour les diviser par deux d’ici 2050, le monde devra affronter encore plus de sécheresses, de canicules, d’inondations et une augmentation du niveau des mers, d’après le GIEC.
Les Nations Unies espèrent aller au-delà de Kyoto en obtenant de tous les pays qu’ils réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre, qui sont responsables du réchauffement climatique.
Seules 37 nations riches avaient l’obligation de réduire leurs émissions dans le cadre du Protocole de Kyoto. Les Etats-Unis, l’un des plus grands émetteurs au monde, avaient refusé de se joindre au Protocole.
Les prochaines discussions, qui auront lieu en Allemagne en juin, porteront sur le financement des technologies visant à limiter le changement climatique. Ce sujet est considéré comme un élément clé de la lutte contre le changement climatique par les pays en développement, qui disent que les pays riches devraient participer le plus à cette lutte.
Par ailleurs, faire en sorte que le secteur privé soit de la partie en mettant en place un système bien régulé d’échange des émissions de dioxyde de carbone est la clé pour obtenir des financements sur le long terme d’après les délégués qui participaient au séminaire.
« Les investisseurs ont besoin de savoir qu’ils auront certains retours » a déclaré Simon Brooks, vice-président de la Banque d’Investissements européenne.
Rajendra Pachauri a indiqué que la prise de conscience populaire du changement climatique avait considérablement augmenté au cours des douze derniers mois, et cela a incité Washington et les autres gouvernements à agir.
D’après Rajendra Pachauri, il sera très difficile pour tout pays de rester en dehors d’un pacte sur le changement climatique.
« Il s’agit d’une question de prestige national » a expliqué Rajendra Pachauri, directeur du GIEC qui a partagé l’an dernier le Prix Nobel de la Paix avec l’ancien vice-président Al Gore.
Le Président George W. Bush a rejeté le Protocole de Kyoto en 2001, en disant qu’il nuirait à l’économie des Etats-Unis et était injuste étant donné qu’il excluait des réductions des émissions toutes les grandes nations en développement.
L’Asie, et notamment la Chine, est la clé de la réussite du nouvel accord, d’après Odin Knudsen, directeur du management pour JP Morgan & Chase.
« La Chine fait des progrès importants » a déclaré Odin Knudsen, spécialiste du changement climatique. « C’est dans l’intérêt de la Chine qui souhaite être efficiente énergétiquement ».
Au cours des trois dernières décennies, la consommation d’énergie de la Chine a augmenté de 230% et la région produit maintenant un quart des émissions de gaz à effet de serre du monde et non plus un dixième.