Un puissant cyclone a tué plus de 350 personnes et a détruit des milliers de maisons, a indiqué dimanche les médias birmans gérés par l’Etat. Certains groupes dissidents s’inquiètent que la junte militaire dirigeant la Birmanie soit peu disposée à demander une aide internationale.
Le cyclone tropical Nargis a frappé à un moment délicat pour la junte, moins d'une semaine avant le référendum crucial du 10 mai sur une nouvelle constitution. Si la junte est vue comme défaillante par les victimes du désastre, les électeurs qui blâment déjà le régime de ruiner l'économie et d’écraser la démocratie pourraient exprimer leurs frustrations dans les urnes.
Certains à Yangon, la capitale économique et plus grande ville du pays, se sont plaints que les 400.000 militaires faisaient peu pour aider les victimes après le passage du cyclone de samedi. « Où sont toutes ces personnes en uniforme qui sont toujours prêtes à frapper des civils ? » a déclaré un habitant qui a refusé d'être identifié par crainte de représailles. « Ils devraient tous sortir, aider à nettoyer et rétablir l'électricité. »
Il est difficile pour des pays d’envoyer de l’aide à moins de recevoir une demande des dirigeants militaires birmans. « L'expertise internationale à s’occuper des désastres naturels est nécessaire d’urgence. Le régime militaire est mal préparé pour traiter les conséquences du cyclone » a indiqué Naing Aung, secrétaire général du forum pour la démocratie en Birmanie, basé en Thaïlande.
Les vents du cyclone, atteignant une vitesse de 190km/h, ont soufflé les toits des hôpitaux et couper l'électricité de la plus grande ville du pays. Les Birmans expliquent qu’ils n’ont jamais rien vu de tel. Les arbres sont au sol et les lignes électriques sont coupées.
« Au moins 351 personnes ont été tuées, dont 162 personnes qui vivaient sur l'île de Haing Gyi au large des côtes sud-ouest du pays. Beaucoup des autres victimes se trouvaient dans le delta peu élevé d'Irrawaddy. La télévision d’Etat rapporte que dans la commune de Labutta, 75 % des bâtiments se sont écroulés.
L'ONU projette d’envoyer des équipes lundi pour évaluer les dommages liés au cyclone Nargis en Birmanie. Les efforts initiaux d'évaluation ont été entravés par des routes obstruées par des débris et des lignes téléphoniques à terre.
Les résidants de Yangon ont également raconté que dimanche le prix de l'essence avait bondi de 2.50$ à 10$ le gallon sur le marché noir et tout, des œufs aux matériaux de construction, a vu son prix triplé.
La télévision gérée par l'Etat a indiqué que l'aéroport international de Yangon pourrait être rouvert dès lundi. Des vols domestiques ont été détournés vers l'aéroport de Mandalay.
Les autorités n'ont pas encore indiqué si elles reporteraient le vote du 10 mai. La nouvelle constitution est censée être suivie en 2010 d'une élection générale. Les deux votes sont des éléments d'une « feuille de route vers la démocratie » élaborée par la junte. Les critiques disent que la constitution est conçue pour cimenter la puissance militaire qui invite les citoyens à voter pour le non.