Selon la Société Forestière de la Caisse des dépôts le critère « réserve en eau des sols » est à prendre en compte dans le cadre de la préparation des forêts françaises au changement climatique.
Le rapport officiel de Bernard Roman-Amat, présenté le 10 mars dernier, a confirmé la nécessité d’agir pour préparer la forêt française au changement climatique. La Société Forestière de la Caisse des Dépôts a créé en décembre 2007 un blog de discussions, www.forets-et-climat.fr, destiné précisément à ouvrir la discussion à partir de propositions très concrètes, après avoir pris l’initiative d’une concertation des principaux acteurs de la forêt autour de cet enjeu.
La Société Forestière de la Caisse des dépôts « nourrit les débats avec de nouveaux thèmes de contributions sur ce blog. » Puisqu’il s’agit d’aider les forêts capables de résister aux stress hydriques à venir, ne faut-il pas désormais, lorsqu’on plante un arbre, tenir compte en priorité du critère « réserve en eau du sol » ?
« Lorsque les arbres que l’on plante aujourd’hui seront adultes, nous aurons peut-être changé d’ère climatique», rappelle Laurent Piermont, Président-Directeur Général de la Société Forestière. Pour préserver la santé et la valeur des forêts qui lui sont confiées et répondre aux attentes de ses clients, la Société Forestière a donc mis en place, dès 2006, un nouveau dispositif de sylviculture qui tient compte du changement climatique.
La Société Forestière propose donc un nouveau sujet de discussion : «Tenir compte de la réserve utile en eau des sols ». Lorsqu’on plante un arbre, on a besoin de critères stables dans le temps pour prendre les bonnes décisions. Traditionnellement, les deux critères stables sont : la nature du sol et le climat à l’endroit où l’on va planter l’arbre. Ces deux éléments permettent d’anticiper la façon dont l’arbre pourra s’épanouir sur des dizaines d’années. Mais si le critère climat cesse d’être stable, comment agir ?
Les six orientations de gestion choisies par la Société Forestière :
- Tout d’abord, dans le contexte d’incertitudes scientifiques quant aux impacts du changement climatique sur les forêts, il ne s’agit pas, pour la Société Forestière, d’initier des changements à 180°, mais de choisir « des inflexions » et des choix réversibles, par période de trois ans.
- La Société Forestière se fixe en outre comme repère de gestion des forêts, une période charnière vers 2050, permettant de distinguer les parcelles qui seront alors à maturité de celles qui ne le sont pas encore. En effet, les experts du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) estiment qu’à cette période le changement climatique devrait produire des effets plus marqués.
- La Société Forestière souhaite privilégier des essences et variétés dites de transition, c’est à dire à même de vivre dans le climat actuel et adaptées au climat futur.
- Le repère de gestion vers 2050 permet d’adapter les plantations aux révolutions inférieures à 50 ans, de sorte que les peuplements puissent être statistiquement moins exposés aux aléas climatiques.
- Pour la Société Forestière, compte tenu du changement du régime des pluies, le critère dit de « réserve utile » en eau des sols devient déterminant dans l’analyse préalable aux nouvelles plantations et au maintien des peuplements plus anciens.
- Enfin, tout en intégrant le changement climatique comme une donnée nouvelle, la Société Forestière souhaite continuer à s’inscrire dans une gestion financière respectueuse des critères de développement durable, notamment par son attention portée à la biodiversité.