Mahmoud Ahmadinejad est arrivé en soirée et a rencontré le premier ministre indien Manmohan Singh et le Président Pratibha Patil pendant près de cinq heures. Sa visite est la première par un président iranien en cinq ans. Ce voyage intervient au moment ou l'Inde et les Etats-Unis s’efforcent de finaliser un important contrat sur l’énergie nucléaire.
Mais l’Inde qui est en pleine croissance à d’énormes besoins en énergie et ne veut se fermer aucune porte. New Delhi a indiqué clairement qu'elle examinera toutes les possibilités d’énergies pour alimenter son économie. L’Inde voit la visite du président Iranien comme une chance de relance rapidement le projet de gazoduc.
Le gazoduc a besoin de traverser le Pakistan, un ennemi de longue date pour l’Inde. Les désaccords entre les coûts supplémentaires, et les craintes indiennes au sujet de la sécurité du gazoduc ont longtemps retardé le projet. D'après certaines informations, ils seraient sur le point de conclure un accord sur le prix à payer à Islamabad pour la traversée du territoire pakistanais par le combustible indien.
Cela permettrait de relancer le projet. Une perspective qui consterne clairement Washington, qui a à plusieurs reprises encouragé l'Inde à interrompre son soutien au programme nucléaire de l'Iran.
La semaine dernière, les Etats-Unis ont déclaré que l’Inde devrait mettre la pression sur Mahmoud Ahmadinejad pour stopper le programme atomique iranien et son aide présumée aux activistes irakiens. Washington a également indiqué que l’Inde devrait demander que l’Iran cesse de soutenir les groupes militants islamistes dans le Moyen-Orient, tel que le Hezbollah et le Hamas.
L'Inde a répondu qu’elle n’avait besoin d’aucun conseil sur la conduite de ses affaires étrangères. Mardi, le ministre indien des affaires étrangères Shiv Shankar Menon a indiqué qu’il croit que l’engagement de l'Inde avec l'Iran est plus productif que d’isoler ce pays. « De notre point de vue, plus l'engagement est présent, plus l'Iran devient un facteur de stabilité dans la région.»
Indépendamment du gazoduc, les deux pays sont d’accord afin d'essayer de tripler le commerce de 10 milliards de dollars par année, un calendrier n’est pas prévu. Ils ont également discuté la situation en Irak et au Moyen-Orient. La volonté de l’Inde à chercher des approvisionnements en énergie aussi bien de Téhéran que de Washington est un exemple du désir de New Delhi de rester neutre.
Plus tôt dans l’année, l'Inde a lancé un satellite espion israélien, l’ennemi de l’Iran, qui est en partie destiné à surveiller le programme nucléaire de l'Iran. Shiv Shankar Menon a demandé à Mahmoud Ahmadinejad de ne pas évoquer le satellite durant sa visite à New Delhi.