L’administration Bush devra décider d’ici le 15 mai si les ours polaires aux Etats-Unis doivent figurer sur la liste des espèces menacées par le changement climatique dans l’Endangered Species Act, d’après ce qu’a décidé un juge fédéral mardi, excluant tout autre délai.
L'Endangered Species Act de 1973 est une loi environnementale des Etats-unis créée pour protéger les espèces dont les populations sont menacées de disparaître.
La juge fédérale Claudia Wilken à Oakland en Californie, a donc pris le parti des plaignants -le Conseil de Défense des Ressources Naturelles des Etats-Unis, le Centre pour la Diversité Biologique et Greenpeace- en affirmant que le gouvernement américain avait enfreint une loi en ne respectant pas un délai pour prendre une décision sur le statut des ours polaires.
Le Département de l’Intérieur, qui a la responsabilité des espèces menacées, devait prendre une décision sur le statut de ces animaux en janvier mais avait reporté cette décision d’une mois. Plus récemment, il avait demandé à reporter la décision au 30 juin pour que ses avocats puissent finir d’examiner et de réviser la décision.
Claudia Wilken a refusé cette requête.« Les accusés ne donnent pas de faits spécifiques qui justifieraient le retard pris, et encore moins un délai supplémentaire » a-t-elle déclaré.
« Donner aux accusés plus de temps serait une violation des délais de classification des espèces dans le cadre de l’Endangered Species Act ».
Le gouvernement devra décider s’il classe les ours polaires vivant en Alaska dans les espèces menacées, ce qui signifierait que cette espèce est en danger d’extinction. Si le gouvernement décide de donner ce statut aux ours polaires, il devra développer une stratégie pour limiter cette menace, un processus complexe qui pourrait prendre plusieurs années.
Dans ce cas, les mesures n’affecteront pas les ours polaires vivant dans les autres pays Arctique, tels que la Russie ou le Canada.
Les groupes de défense de l’environnement ont demandé au gouvernement américain de décider du sort des ours polaires, en affirmant que la disparition de leur habitat glacial dû au réchauffement climatique menace leur existence.
« Le tribunal fédéral a jeté une bouée de sauvetage à cet animal incroyable » a déclaré Andrew Wetzler du Conseil de défense des ressources naturelles. « L’Endangered Species Act requière que la décision soit fondée uniquement sur la science, et la science est absolument claire quand elle affirme que l’ours polaire mérite une protection ».
Shane Wolf, une porte-parole du Département de l’Intérieur a déclaré : « Nous avons reçu la décision du tribunal et nous l’examinons. Nous évaluerons les options légales et nous déciderons de l’évolution appropriée des choses ».
Les ours polaires vivent en Arctique et dépendent de la mer de glace qui leur sert de plate-forme pour chasser les phoques.
Un rapport publié par le U.S. Geological Survey indiquait que les deux tiers des ours polaires du monde –soit environ 16000- auraient disparu d’ici 2050 si les prévisions concernant la fonte de la mer de glace s’avéraient vraies.
C’est la première fois que le réchauffement climatique est un facteur pris en compte pour la classification d’une espèce américaine dans les espèces menacées.
Jusqu’à ce que le gouvernement américain fasse savoir sa décision sur le statut des ours polaires, il ne devra pas y avoir d’exploitation pétrolière ou du gaz dans l’habitat arctique des ours, d’après le groupe Earthjustice.