"Sur beaucoup de principes nous sommes tout à fait proches," a annoncé la source gouvernementale aux journalistes à Berlin. "Il y a une chance d’arriver à un accord avec les Français sur un système équitable... avant le prochain conseil Environnement (conseil réunissant les ministres de l'environnement européens) au début du mois de juin" a ajouté la source.
L'Allemagne, qui produit plus de grosses berlines gourmandes en carburant que les constructeurs automobiles français, veut que tout les types de voitures contribuent à la réduction générale des émissions, a déclaré la source allemande.
Berlin est devenu un critique vigoureux des plans de la Commission Européenne présentés en décembre dernier qui prévoient les plus grandes réductions d'émissions de CO2 venant des plus gros émetteurs, une position qu'il juge pénalisante pour l’industrie automobile allemande.
Bruxelles a proposé que toutes les voitures vendues en Europe en 2012, européennes ou non, doivent atteindre un objectif général de 120-130 grammes de CO2 émis par kilomètre, contre une limite de 160 grammes aujourd'hui.
L'exécutif de l’Union Européenne veut pénaliser les constructeurs automobiles qui n'atteignent pas l’objectif d'ici à 2012 avec une charge de 20 euros par gramme supplémentaire de CO2 émis par voiture, grimpant à 95 euros d'ici à 2015.
Chaque fabricant doit atteindre l’objectif d'émissions moyennes, point sur lequel l’Allemagne estime qu'elle est injustement visée, car son industrie devrait faire de plus grands efforts que la France ou l’Italie pour se conformer à l’objectif.
L'Allemagne ne conteste pas l'idée d'amendes progressives à partir de 2012, la source explique pourtant que leur gradation est en discussion. Les peines pourraient aussi être appliquées seulement à certains modèles au départ, a-t-elle ajouté.
Un accord Franco-allemand sur la réduction des émissions de CO2 serait un prélude à un plus large accord entre les 27 Etats membres de l’UE, que les chefs d’Etats européens ont promis d'atteindre cette année.
L'objectif d'émissions automobiles est vu comme la mise à l'essai de la détermination de l'UE d'atteindre le plus large objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20% d'ici à 2020. La France, qui assumera la présidence tournante de l'UE après la Slovénie en juillet, a promis de faire tout ce qui est en son pouvoir pour finaliser cet accord.
A la suite de la récente victoire de Silvio Berlusconi aux élections législatives italiennes, l’Italie, également productrice de petites voitures, serait prêt à rejoindre la discussion avec la France et l’Allemagne, a ajouté la source gouvernementale à Berlin. L’Allemagne et la France doivent "intégrer les intérêts de l'industrie automobile italienne dans la discussion autrement nous n'allons pas aboutir à un accord," a-t-elle précisé.