Une solution proposée pour inverser les effets du réchauffement climatique en vaporisant des particules de sulfate dans la stratosphère de la Terre pourrait dans les faits aggraver encore plus le changement climatique en aggravant le trou dans la couche d'ozone, d’après ce qu’ont déclaré des chercheurs.
Ils ont indiqué que les tentatives de refroidir la Terre en créant une sorte de bouclier artificiel contre les rayons du soleil retarderait le rétablissement du trou de la couche d’ozone au dessus de l’Antarctique de 30 à 70 ans, et créerait une nouvelle perte de la couche d’ozone protectrice au-dessus de l’Arctique.
« Ce que notre étude montre est que si on met beaucoup de sulfate dans l’atmosphère, on obtient une perte encore plus importante de la couche d’ozone que ce qu’on avait précédemment » a déclaré Simone Tilmes du Centre National pour la Recherche Atmosphérique à Boulder, dans le Colorado, dont l’étude a été publiée dans le journal Science.
L’idée d’injecter du sulfate dans la stratosphère a été proposée par un certain nombre de scientifiques climatiques comme une solution potentielle au réchauffement climatique.
Simone Tilmes a déclaré que l’injection de sulfate était censée reproduire les effets d’une éruption volcanique majeure. De telles éruptions dans le passé ont envoyé des fumées de souffre bloquant les rayons du soleil dans la couche supérieure de l’atmosphère, la stratosphère, qui ont refroidi les températures sur Terre.
L’ozone dans la stratosphère fournit une couche protectrice au dessus de la surface de la Terre qui protège la planète des radiations solaires dangereuses.
La couche d’ozone au dessus de l’Antarctique s’est constamment amincie, ce qui a conduit à un trou saisonnier au-dessus du Pôle sud.
« Nous savons que les particules de sulfate auront pour effet de refroidir la planète » a indiqué Simone Tilmes.
Mais un tel refroidissement aura des effets secondaires non souhaités. D’après Simone Tilmes par exemple, les injections de sulfate pourraient réagir avec le chlore sous forme gazeuse dans les régions froides polaires, provoquant une réaction chimique qui réduirait ensuite la couche d’ozone.
Simone Tilmes et ses collègues ont étudié spécifiquement l’impact des projets de rétablir les trous dans la couche d’ozone au dessus des pôles et ont conclu que les injections régulières de sulfate au cours des prochaines décennies pourraient en fait détruire entre un quart et trois quarts de la couche d’ozone au dessus de l’Arctique.
Cela affecterait une grande partie de l’hémisphère nord à cause des modèles de circulation atmosphérique, ont-ils déclaré. L’impact sera moindre au cours de la seconde moitié du siècle à cause des pactes internationaux qui interdisent la production de produits chimiques qui nuisent à la couche d’ozone.
Au dessus de l’Antarctique, un plan d’injection de sulfate délaierait le rétablissement du trou de la couche d’ozone de 30 à 70 ans.