Les hommes ont bouleversé les mécanismes régulant les émissions de dioxyde de carbone 28/04/2008 13:22 (Par Sandra BESSON)
Les hommes ont bouleversé les mécanismes régulant les émissions CO2
Un mécanisme naturel permettant de réguler les émissions de dioxyde de carbone sur la planète a été bouleversé par les activités des hommes et la combustion des énergies fossiles par ces derniers. Ce mécanisme permettait de conserver un équilibre entre les émissions de dioxyde de carbone et la capacité de la Terre à les absorber.
Avant que les hommes ne commencent à brûler des combustibles fossiles, il existait un équilibre très ancien entre les émissions de dioxyde de carbone et la capacité de la Terre à les absorber, mais désormais la planète ne peut plus maintenir cet équilibre, d’après ce qu’ont déclaré des scientifiques dimanche.
Les découvertes, signalées dans le journal Nature Geoscience, sont basées sur d’anciennes bulles d’air provenant de la glace de l’Arctique, qui contiennent des échantillons d’air qui ont jusqu’à 610000 années.
Les scientifiques climatiques ont suggéré ces quinze dernières années qu’un genre de mécanisme naturel régule les températures sur la planète et le niveau de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Ceux qui sont sceptiques à propos de l’influence des hommes sur le réchauffement climatique affirment que ce mécanisme naturel est la cause du changement climatique récent.
La recherche publiée samedi est sans doute la première preuve observable de ce mécanisme naturel, connu sous le nom de « feedback » (ou rétroaction). Ce mécanisme a été bouleversé par une forte augmentation des émissions de dioxyde de carbone provenant de la combustion du charbon et du pétrole au cours des 200 dernières années environ, explique Richard Zeebe, co-auteur de l’étude.
« Ces rétroactions ont lieu tellement lentement qu’elles ne nous aideront pas pour compenser le changement climatique que nous constaterons dans les centaines d’années à venir » a—t-il expliqué. « Actuellement, nous avons totalement faussé l’équilibre du système ».
Dans le passé, les excès de dioxyde de carbone provenaient principalement des volcans, qui rejettent très peu de ce gaz à effet de serre comparé à ce que les activités des hommes rejettent, mais cet excès devait néanmoins être compensé.
L’excès de dioxyde de carbone dans le passé était enlevé de l’atmosphère grâce à l’effritement des montagnes qui récupéraient le gaz à effet de serre. Au final, le dioxyde de carbone était rejeté dans les océans et enterré dans les sédiments sous-marins.
Richard Zeebe a analysé le dioxyde de carbone qui a fini dans la glace de l’Antarctique, et en cherchant quelle quantité de dioxyde de carbone était dans l’atmosphère à différents points du temps, lui et son équipe ont déterminé que ces quantités avaient crû et décrû avec les températures du globe.
« Quand les niveaux de dioxyde de carbone étaient bas, la température était basse et nous avions une période glaciaire » a expliqué le scientifique.
Et alors que les températures de la Terre chutaient pendant les périodes glaciaires et augmentaient pendant les périodes interglaciaires, les températures moyennes de la terre ont progressivement diminué pendant environ 600000 années.
Le changement moyen de la quantité de dioxyde de carbone dans l’atmosphère au cours des 600000 dernières années était de 22 parts par million de volume, ce qui signifie que 22 molécules de dioxyde de carbone ont été ajoutées ou enlevées de chaque million de molécules d’air.
Depuis le début de la Révolution Industrielle au 18ème siècle, qui a abouti à l’utilisation considérable par les hommes des énergies fossiles, la quantité de dioxyde de carbone dans l’atmosphère a augmenté d’environ 100 parts par million.
Cela signifie que les activités des hommes ajoutent du dioxyde de carbone à l’atmosphère environ 14000 fois plus rapidement que ne le font les processus naturels.
Et ce taux semble s’accélérer.