Selon le réseau Sortir du nucléaire, c'est « déjà un beau succès pour la première édition de l’action « Chernobyl Day ». Les 3000 masques symbolisants les victimes passées, présentes ou futures du nucléaire civil et militaire ont tous été diffusés à ce jour. De plus, 174 actions sont répertoriées en France ou ailleurs dans le monde. Enfin, le réseau Sortir du nucléaire s’est mobilisé à Bordeaux pour les 22 ans de Tchernobyl, pour ce premier « Chernobyl Day ». »
A l’occasion du 22ème « anniversaire » de la catastrophe de Tchernobyl, samedi 26 avril 2008, le Réseau « Sortir du nucléaire » (France) coordonne, en hommage aux milliers de victimes du plus grave accident industriel de l’histoire, mais aussi à toutes les victimes de l’atome civil et militaire, la première Journée internationale de mobilisation contre le nucléaire, intitulée « Chernobyl Day ».
174 initiatives locales sont fédérées, dont une quarantaine hors de France. On notera par exemple : le Festival du film court "Sortir du nucléaire" organisé à Paris, une manifestation devant l’OMS (Organisation mondiale de la santé) à Genève, un rassemblement devant le chantier du réacteur EPR à Flamanville (Manche), etc.
« Un peu partout en France et au-delà, des manifestants portant le même masque resteront immobiles devant des sites nucléaires civils et militaires, des sièges d’entreprises pro-nucléaires, des ministères, des préfectures, des mairies, ... Des débats, réunions publiques, projections de films sont aussi organisés. »
« Cette opération, baptisée "Des masques pour Chernobyl Day", a pour but de rappeler que, deux décennies plus tard, la catastrophe de Tchernobyl est toujours d’actualité. Et qu’elle le restera encore, hélas, pendant des siècles. Si le lobby nucléaire et les élus qui le soutiennent prétendent que, 22 ans après, Tchernobyl est désormais de l’histoire ancienne, il ne faut au contraire surtout pas oublier ce drame : parce que les risques d’une nouvelle catastrophe nucléaire restent présents tant qu’une seule centrale sera en fonctionnement quelque part sur la planète ; parce que, loin d’être une affaire classée, la catastrophe de Tchernobyl voit ses conséquences sanitaires s’aggraver d’année en année, avec son lot de cancers chez les adultes et les enfants, et de malformations génétiques. Partout en Europe, les cancers de la thyroïde sont en augmentation. »
« Aujourd’hui encore, des millions des gens continuent à vivre dans les zones les plus touchées et à consommer des produits agricoles contaminés, en particulier par le césium. En Ukraine, en Russie et en Biélorussie, l’espérance de vie diminue, contrairement à ce qui se passe dans le reste de l’Europe ("Rapport mondial sur le développement humain 2006", du Programme des Nations-unies pour le développement - PNUD). »
« Les 435 réacteurs nucléaires actuellement en service sur la planète sont vieillissants et devront être fermés dans les prochaines années. Au lieu d’en construire de nouveaux pour les remplacer et perpétuer ainsi le péril atomique, il faut au contraire profiter de cette conjoncture pour hâter la fin de l’industrie nucléaire et pour investir massivement, partout dans le monde, dans les économies d’énergie et dans les énergies renouvelables. »
Hier, une quarantaine de militants du réseau Sortir du nucléaire se sont rassemblés à Bordeaux à la veille de cette « journée internationale de mobilisation contre le nucléaire », à l'occasion du 22e « anniversaire » de la catastrophe de Tchernobyl.
Portant des masques blancs et arborant des banderoles où l'on pouvait lire « Avant un nouveau Tchernobyl, sortons du nucléaire », les militants se sont regroupés sur les marches du Grand Théâtre et des tracts intitulés « Tchernobyl 22 ans après, la catastrophe continue » ont été distribués aux passants.
« Il s'agit de l'ouverture d'une journée mondiale appelée « Chernobyl Day », qui verra 180 initiatives contre le nucléaire se tenir dans le monde entier, dont 130 en France », principalement samedi, a expliqué à l'AFP Stéphane Lhomme, porte-parole du réseau.
« Nous demandons un plan de sortie du nucléaire dans tous les pays où ça n'est pas encore le cas, la vérité sur les conséquences de l'explosion de la centrale de Tchernobyl (dans la nuit du 25 au 26 avril 1986, NDLR) et nous nous opposons aux constructions de centrales dans les pays où il n'y en a pas encore », a t-il ajouté.