Le changement climatique est souvent considéré comme un problème « futur » pour l’environnement et les populations, mais d'ici à 2020-2029, donc dans seulement 12 ans, les changements de température sont susceptibles d'avoir de considérables répercussions négatives sur l'environnement en Amérique latine. Pour éviter les effets néfastes des grands changements de température en 2090-2099, il faut agir dès maintenant.
Pour la Banque Mondiale, la région Amérique latine et Caraïbes est assez bien partie pour réduire de moitié, d’ici à 2015, la proportion de sa population qui n’a accès ni à de l’eau potable ni à des installations sanitaires améliorées. Cela étant, la région a perdu un grand pan de son couvert forestier au profit de l’agriculture entre 1990 et 2005, aussi le déboisement et la perte de la biodiversité y constituent-ils une source majeure de préoccupation.
De plus, côté environnement économique les plus grandes pertes agricoles dues aux changements climatiques étant susceptibles de se produire en Amérique latine, l’adaptation aux risques liés à ces changements est une des grandes priorités de la région.
L’adaptation aux changements climatiques dans le domaine agricole est une des grandes priorités de la région, surtout dans des pays comme le Mexique qui risquent de subir d’énormes pertes de productivité.
Des infrastructures défensives et la microassurance sont importantes pour faire face aux effets néfastes des changements climatiques sur l’environnement économique. Les pays susceptibles d’être confrontés à un risque élevé de catastrophe liée aux inondations sont notamment le Honduras et la Jamaïque.
Selon la Banque Mondiale, l’assurance basée sur un indice météorologique, que l’on expérimente actuellement au Mexique, au Nicaragua et au Pérou, permettra d’aider considérablement les agriculteurs.
Bien des pays de la région tireraient nettement parti d’une autorisation d’échanger des crédits de carbone forestier sur les marchés mondiaux du carbone contre la protection des forêts.
Le déboisement attribuable principalement à la conversion des zones forestières en terres agricoles est un phénomène de très grande ampleur en Amérique latine, laquelle a perdu 7 % de son couvert forestier (correspondant à une surface totale de 47 000 km²) entre 1990 et 2005.
Le Brésil a subi la plus grande perte de superficie forestière (31 000 km²) enregistrée dans un pays pendant cette période, et il figure parmi les dix plus grands responsables des émissions de dioxyde de carbone (CO2) de la planète, lorsqu’on tient compte des émissions découlant du changement d’affectation des terres.
Un nouveau programme de crédit carbone — Réduction des émissions dues au déboisement et à la dégradation des forêts (REDD) — en cours de négociation à l’intérieur de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques pourrait encourager, à l’aide de bonnes mesures incitatives, à éviter la perte des forêts. Comme le relève Chomitz (2007), le défrichement d’un hectare de forêt dense ombrophile dans l’Amazonie brésilienne pour en faire une terre agricole ou un pâturage pourrait émettre 500 tonnes de CO2.
La parcelle ainsi défrichée vaut actuellement entre 100 et 200 dollars. En supposant que la tonne de CO2 coûte 10 dollars sur le marché du carbone, une forêt valant 5 000 dollars est détruite pour faire place à une terre dont l’affectation en vaut 20 fois moins. En savoir plus.