Le cycle des marées pourrait amplifier l’élévation du niveau des mers liée au réchauffement climatique. L’une des conséquences bien connue du réchauffement climatique est l’élévation du niveau des mers liée à l’augmentation de la température de l’océan, ce dernier se dilatant sous l’effet de la chaleur. Il est toutefois difficile de prévoir comment celle-ci se répartira à l’échelle de la Planète, estime l’IRD.
Selon l'Institut de recherche pour le développement (IRD), qui a pour mission de développer des projets scientifiques centrés sur la relation entre l'homme et son environnement dans la zone intertropicale, les résultats de plusieurs études scientifiques, menées depuis 1993, confirment une augmentation de 3,2 centimètres du niveau des océans. Même si cette variation peut sembler négligeable, elle s’avère en réalité deux fois plus importante que celle enregistrée sur l’ensemble du siècle précédent. Cette élévation du niveau des mers est une conséquence du réchauffement climatique.
D’autres phénomènes naturels comme la tectonique des plaques peuvent favoriser un soulèvement ponctuel du plancher océanique, minimisant ainsi les effets du réchauffement climatique sur la dilatation des océans. Dans un laps de temps beaucoup plus court, le cycle des marées influence également la variation du niveau des mers. A partir d’images satellite des côtes de la Guyane française obtenues entre 1986 et 2006, une équipe internationale, impulsée par l’IRD, a pu mesurer l’implication, dans cette hausse, d’un cycle bidécennal des marées et en déduire des scénarios à l’échelle de la planète.
D’après leur analyse, sur certaines côtes réputées pour l’amplitude spectaculaire de leurs marées, comme la baie du Mont Saint-Michel, ce phénomène devrait, au cours de la prochaine décennie, contribuer beaucoup plus à l’élévation du niveau des pleines mers que le seul réchauffement climatique. Lors de la seconde phase du cycle, il pourrait ensuite la compenser de manière significative.
Selon l’IRD, dans ces régions, le cycle bidécennal des marées pourrait, d’ici 2015, provoquer une élévation du niveau des pleines mers de plus de 50 centimètres, soit vingt cinq fois plus importante que la montée des eaux liée à l’expansion thermique de l’océan consécutive au réchauffement climatique global. Sur la période 2015-2025, la deuxième phase de ce cycle contribuera à une diminution régulière du niveau des pleines mers. A l’échelle de la planète, il pourrait alors compenser, en partie, les effets de la montée des eaux consécutive au réchauffement climatique.