A ce jour, un tiers des transports de marchandises entre le Portugal et la France s’effectue par la mer. Pourtant, la mer représente une alternative « douce » au transport routier, estime le ministère de l’environnement. C’est pourquoi Dominique Bussereau et son homologue portugaise Ana Paula Vitorino ont lancé, le lundi 14 avril dernier, un groupe de travail sur les autoroutes de la mer.
Qu’il s’agisse de personnes ou de marchandises, la route reste le mode de transport dominant. 83% des déplacements de personnes et 80% du transport de marchandises s’effectue par les routes, générant des problèmes de pollution, de congestion et de sécurité du réseau routier européen.
Or selon le ministère, si rien n’est fait, la dégradation du trafic pourrait avoir un impact négatif sur la productivité et la compétitivité des entreprises européennes. D’où l’impérieuse nécessité de trouver des solutions pour faire progresser harmonieusement nos capacités de transport en suivant l’accroissement de nos besoins.
C’est le fondement de ce que les spécialistes nomment « l’approche multimodale » des transports : il s’agit de solutions techniques qui permettent d’acheminer des marchandises sur un trajet de porte à porte, en empruntant au moins deux modes de transport sans changer de véhicule ou d’unité de chargement (remorque ou conteneur). Les parcours initiaux et/ou terminaux sont effectués par la route, les parcours principaux par le rail, le fleuve ou par mer (« cabotage » maritime).
Le transport maritime est le moins développé, mais le plus porteur d’espoir. Sur l’axe de la façade Atlantique entre l’Espagne et la France, une perspective de transports de 100 000 à 150 000 poids lourds par an peut-être envisagée.
Suite aux décisions du Grenelle Environnement, portées par Jean-Louis Borloo qui a notamment préconisé « un programme de développement massif d’autoroutes maritimes », Dominique Bussereau et son homologue portugaise Ana Paula Vitorino viennent de lancer un groupe de travail sur les possibilités d’une liaison maritime entre la France et le Portugal.
Ils ont évoqué la nécessité d’échanger les bonnes pratiques, ainsi que de proposer ensemble des améliorations au dispositif communautaire actuel, afin de répondre aux attentes des armateurs et de favoriser leur implication dans de tels projets.
Dominique Bussereau a indiqué que le Conseil informel des ministres des Transports qui se tiendra à La Rochelle les 1er et 2 septembre prochains sera un temps fort pour aborder les questions du développement des autoroutes de la Mer.