L’inspection de l’autorité de sûreté nucléaire (ASN) a remis la semaine passée son rapport d’inspection sur les centres de radiothérapie. L’autorité de sûreté nucléaire (ASN) a en effet rendu public son rapport de synthèse sur l’inspection des 180 centres de radiothérapie en France effectuées dans le courant de l’année 2007.
Ces inspections avaient été demandées à l’ASN, en 2007, à la suite de l’accident d’Epinal, par le ministère de la santé dans le cadre des travaux de la feuille de route sur la radiothérapie.
En effet, les récents incidents et accidents survenus en radiothérapie ont conduit l'ASN à renforcer notablement son programme d'inspection 2007 dans ce domaine et à inspecter l'ensemble des 180 centres de radiothérapie en France.
Ces inspections, réalisées par l'ensemble des onze divisions territoriales de l'ASN, ont permis de porter une appréciation sur la sûreté des traitements dans les centres concernés et d'identifier les faiblesses organisationnelles pouvant être à l'origine d'événements susceptibles d'affecter la santé des patients.
Ces inspections ont porté sur l’aspect organisationnel des centres de radiothérapie (mise en place de procédure qualité et effectifs professionnels). Elles ont donc permis de porter une appréciation sur la sûreté des traitements dans les centres concernés en identifiant les forces et faiblesses pouvant éventuellement induire un risque de dysfonctionnement.
Le tableau dressé par l’autorité de sûreté nucléaire (ASN) donne une image contrastée de la radiothérapie en France, il constate que les procédures et les pratiques sont majoritairement appliquées par les professionnels dans des conditions quotidiennes qui renforcent la qualité des traitements qu’ils dispensent, mais que des progrès doivent être enregistrés sur leur formalisation écrite. « Ce bilan de l'ASN met en évidence une situation contrastée : il existe des centres dont la démarche de sécurisation des traitements est bien initiée, voire bien avancée ; d'autres centres, moins nombreux, cumulaient par contre des faiblesses organisationnelles qu'il conviendra de corriger en priorité. »
Le rapport de l’ASN fait aussi apparaître que les effectifs des équipes doivent être renforcés, notamment en matière de radiophysiciens. La ministre de la santé, Roselyne Bachelot, a rappelé, qu’au titre des mesures nationales, l’effectif formé chaque année, de 42 en 2006, passera à 60 en 2008, et que 2 millions d’euros étaient prévus sur 2008 pour le financement des centres de formation.
L’objectif est de doubler le nombre des effectifs formés d’ici cinq ans, passant ainsi de 300 à 600 radiophysiciens, ce qui permettra, à moyen terme, de garantir la présence de ces professionnels pendant toute la durée d’ouverture de chacun des centres.
Le ministère de la santé précise que si aucun centre de radiothérapie ne soit actuellement dans une situation nécessitant une décision de fermeture immédiate, la correction des principaux écarts relevés par l’autorité de sûreté nucléaire (ASN) doit être assurée, en lien avec la procédure d’autorisation par les ARH à laquelle seront soumis, à partir de 2009, tous les centres de cancérologie en application des décrets de mars 2007.