Une approche de réduction des émissions par secteur industriel envisagé à Paris 17/04/2008 13:18 (Par Sandra BESSON)
Une approche de réduction des émissions par secteur industriel envisagé à Paris
Lors du meeting des plus grands émetteurs de gaz à effet de serre du monde à Paris, un meeting organisé par les Etats-Unis, une approche de réduction des émissions par secteur industriel a été envisagée malgré les oppositions de nombreux pays en développement.
Les réductions de gaz à effet de serre provenant des industries telles que les fabriques d’acier ou de ciment pourraient aider les Nations Unies à lutter contre le changement climatique, même si certains craignent que de telles mesures soient difficiles à mettre en place, d’après ce que des délégués d’une conférence ont déclaré mercredi.
Les nations en développement se sont opposées à des schémas de ce genre mettant en place des réductions des gaz à effet de serre par secteurs dans l’industrie, car selon elles, un tel système pourrait étouffer leurs entreprises intensives en énergie et inefficientes.
Les nations en développement pensent que le poids de ces réductions devrait être porté directement par les nations riches.
Mais beaucoup disent que des objectifs de réduction des émissions par secteur industriel, un système promu par le Japon comme étant un élément possible du nouveau traité des Nations Unies sur le changement climatique après 2012, pourraient compléter des objectifs nationaux pour ralentir le changement climatique.
« L’approche par secteur, nous sommes tous d’accord sur ce point, n’est pas un substitut pour des objectifs de réductions des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle de l’économie » a déclaré Brice Lalonde, ambassadeur de la France pour le changement climatique après le premier jour des discussions entre 17 nations. « Ce sont des choses complémentaires ».
Dix-sept nations, la Commission Européenne et les Nations Unies se sont rencontrées à Paris jeudi et vendredi pour un troisième tour de meetings organisés par les Etats-Unis et qui visent à déterminer des manières de lutter contre le changement climatique.
Des experts avaient formé un groupe préliminaire de travail mercredi pour élaborer des points de référence industriels pour chaque secteur, tel que le volume de gaz à effet de serre produit par la fabrication d’une tonne d’aluminium, d’acier ou de ciment.
Les discussions de Paris essayaient en partie de faire taire les critiques selon lesquelles G.W. Bush n’a pas fait beaucoup pour lutter contre le changement climatique par rapport à ses autres alliés industriels qui ont accepté de réduire leurs émissions d’au moins 5% par rapport aux niveaux de 1990 d’ici 2008.2012 dans le cadre du protocole de Kyoto.
Mais à Washington, G.W. Bush a appelé à l’arrêt de la croissance des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2025 –soit bien loin des objectifs de la plupart des nations.
« Franchement, nous attendons des réponses de la part du prochain président des Etats-Unis et non de la part de G.W. Bush » a déclaré un délégué européen.
Le Groupe Intergouvernemental d’Experts des Nations Unies sur l’Evolution du climat a recommandé de grandes réductions des émissions de gaz à effet de serre pour éviter qu’il n’y ait plus de canicules, de sécheresses, d’inondations et d’augmentation du niveau des mers.
L’Inde a mené les objections lundi lors du groupe de travail, qui étudiait si les industries pouvaient assumer des réductions par secteurs.
Les projets des nations riches de réduire les émissions de gaz à effet de serre « ne devraient pas être dilués par une approche par secteurs » a déclaré R. Chidambaram, conseiller scientifique du gouvernement de l’Inde.
Il a ajouté que l’Inde avait besoin de nouvelles technologies pour aider ses industries qui sont plus polluantes que ses rivaux étrangers. « On ne peut pas développer une politique mondiale qui étoufferait ces personnes » a-t-il ajouté.
« Nous pensons qu’une approche par secteur est la solution » a déclaré de son côté Olivier Luneau du fabricant de ciment Lafarge.