Les pharmaciens et les 473 Pharmacies Univers Pharmacie « n’ont pas l’intention de laisser faire Michel Edouard Leclerc. » Les pharmaciens ne veulent pas « rester muets » face à la campagne publicitaire de Leclerc pour la vente de médicaments dans son réseau de distribution.
L’enseigne de grande distribution Leclerc a annoncé son intention de vendre des médicaments jusqu’à 25% moins chers si le projet d’ouverture du marché se concrétisait. L’enseigne a lancé une campagne publicitaire ventant ses atouts dans la libéralisation du marché du médicament.
De son côté, en réponse à l'offensive des hypermarchés Leclerc, Univers Pharmacie SAS a obtenu par ordonnance, en date du 11 avril 2008, l’assignation en la procédure de référé d’heure en heure à l’audience du mercredi 16 avril 2008 à 9 h au Palais de Justice de Colmar (68000), la SC GALEC société coopérative à capital variable, Groupements d’Achats des Centres E.Leclerc, pour faire retirer la campagne litigieuse de tout support médiatique sous peine d’astreinte de 20.000 € par jour de retard.
La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, estime que rendre plus visibles les prix de certains médicaments, délivrés sans ordonnance, favorisera la baisse des prix par le jeu de la concurrence. De leur côté, les pharmaciens promettent un conseil systématique du « patient consommateur » sur ces médicaments en vente libre.
Dans tous les cas la ministre de la santé semble prendre position pour les pharmaciens. Selon elle, ce métier « est complexe. Vous devez assurer des missions de santé publique, satisfaire des exigences de rigueur scientifique, mais aussi répondre à des contraintes commerciales. Cet équilibre subtil est aussi ce qui fait de votre métier l’un des plus passionnants du monde de la santé ! »
« Je veux autoriser les pharmaciens à présenter des médicaments non soumis à prescription à l’avant de leurs comptoirs, afin de garantir à nos concitoyens une transparence légitime, afin aussi de jouer le jeu de la concurrence, d’assurer la meilleure information possible sur l’usage de ces médicaments, et de renforcer le conseil. »
Enfin, pour l’Ordre national des pharmaciens, face à la campagne publicitaire de Michel-Edouard Leclerc « Pour une meilleure accessibilité des Français aux médicaments du quotidien », « le risque sanitaire » que présenterait la vente de médicaments en grande surface est bien réel.
Pour Jean Parrot, Président du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, « il ne faut pas confondre médicament et marchandise, pharmacien et chef de rayon, pharmacie et magasin ! ». « Un rayon de supermarché n’est pas une pharmacie. » La campagne de Leclerc « est avant tout une opération de communication », qui ne peut résister « aux arguments de santé publique. »
La justice va prochainement trancher sur l'hypothèse d'une vente des médicaments en grandes surfaces, chez Leclerc ou encore chez Carrefour qui sort à son tour ses griffes, la suite dans quelques jours ...