Les principaux émetteurs de gaz à effet de serre du monde se rencontreront à Paris cette semaine pour discuter des façons dont le monde peut ralentir le réchauffement climatique.
On ne sait pas encore si ces discussions organisées par les Etats-Unis aideront ou gêneront les projets d’un nouveau traité des Nations Unies sur le changement climatique.
Washington a indiqué que le meeting du 17 au 18 avril à Paris, qui comprendra un atelier d’objectifs par secteurs de gaz à effet de serre pour l’industrie mercredi, est un pas en avant vers un accord international sur les réductions de gaz à effet de serre qui devra être conclu d’ici la fin de l’année 2008 par les pays qui émettent à eux seuls 80% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
Mais de nombreuses nations sont sceptiques quant à la conversion tardive du Président des Etats-Unis G.W. Bush qui s’affirme conscient du besoin de plus d’action sur le climat, étant donné que les Etats-Unis sont la seule nation riche qui s’oppose aux réductions obligatoires des émissions dans le cadre du protocole de Kyoto.
« Je pense néanmoins que ce sera utile » a déclaré Yvo de Boer, directeur du Secrétariat des Nations Unies pour le Changement Climatique, en parlant de la voie suivie par les Etats-Unis.
Paris sera le troisième meeting des plus grands émetteurs au monde depuis que G.W. Bush a organisé des discussions de ce genre en 2007, en réunissant la Chine, l’Inde ou encore l’Union Européenne, entre autres.
Mais il y a des risques de chevauchement entre les discussions organisées par les Etats-Unis et les discussions des Nations Unies qui réunissent plus de 190 nations et qui ont pour but d’élaborer un nouveau traité mondial sur le changement climatique d’ici la fin de l’année 2009.
Yvo de Boer a déclaré qu’il pensait que certaines nations « étaient un peu inquiètes du fait que ces discussions organisées par les Etats-Unis puissent préjuger du résultat » de négociations plus larges des Nations Unies.
« En même temps, il y a un sentiment très fort qu’un engagement fort de la part des leaders des majeures économies pourrait aider » les discussions des Nations Unies, a-t-il ajouté.
« Le challenge est le suivant : comment mener à bien l’une sans mettre en difficulté l’autre ? ».
Il a également déclaré qu’il était important que les pays mettent en place des objectifs pour 2020 plutôt que des objectifs de long terme pour 2050 qui étaient trop éloignés dans le temps pour affecter les hommes politiques actuels.
G.W. Bush a déclaré que les discussions organisées par les Etats-Unis visaient à amener les grandes économies à s’aligner pour soutenir le processus des Nations Unies, même si le traité rédigé par les Nations Unies sera conclu après qu’il ne quitte ses fonctions en janvier 2009.
Les autres nations restent prudentes étant donné que les candidats à la présidentielle John McCain, Hillary Clinton et Barack Obama ont tous promis de mettre en place des objectifs plus importants que ceux de G.W. Bush.
Ce dernier a longtemps favorisé les objectifs de réduction volontaire des émissions de gaz à effet de serre plutôt que le système de bourse du carbone ou de marché de permis d’émissions soutenus par le Protocole de Kyoto ou l’Union Européenne.
G.W. Bush a longtemps affirmé que ces systèmes nuiraient à l’économie américaine et aux emplois et seraient injustes puisque les nations en développement n’ont pas d’engagements.
Le meeting de Paris réunit les Etats-Unis, la France, l’Allemagne, l’Italie, la Grande-Bretagne, le Japon, la Chine, le Canada, l’Inde, le Brésil, la Corée du sud, le Mexique, la Russie, l’Australie, l’Indonésie et l’Afrique du sud.
La Commission Européenne, actuellement sous la présidence de la Slovénie, et les Nations Unies participeront également au meeting.
Certains pays enverront des ministres de l’environnement tandis que d’autres enverront des responsables haut placés ou des secrétaires d’état.
Les Etats-Unis ont déclaré que le meeting de Paris était un pas en avant vers une déclaration par les leaders des économies majeures dans les mois prochaines à propos du changement climatique.