La Ministre de la santé, Roselyne Bachelot, a annoncé qu’elle jugeait possible que la Sécurité Sociale se désengage du remboursement des frais liés à l’optique, voire aux soins dentaires, afin que ceux-ci soient pris en charge par des organismes complémentaires.
La ministre estime que les complémentaires santé réalisent d’importants bénéfices, des bénéfices qui pourraient servir à rembourser intégralement certains secteurs sur lesquels l’Assurance maladie intervient encore, comme l’optique.
Le PS estime que dans le cadre de la remise en cause de certains secteurs de remboursement de l’Assurance maladie, dont l’optique, « le gouvernement se défausse, et dérembourse. »
Selon le PS, « les Français vont subir une forte augmentation du coût de leur complémentaire santé. » « La droite cherche ainsi à faire des économies au détriment de la santé des Français, alors que 14 % de la population renoncent déjà à se soigner pour des raisons financières, » précisent Pascal Terrasse, Secrétaire national à la Santé, et Claude Pigement, Responsable national à la Santé.
« Les franchises médicales étaient le hors-d’œuvre, nous sommes passés au plat principal avec la fin de la Sécurité Sociale pour tous » estime le parti socialiste.
Rappelons que la Mutualité française a également réagit vivement à l’annonce faite par la Ministre de la santé, Roselyne Bachelot, qui a mis en cause les bénéfices des complémentaires santé. Selon son président, Pierre Davant, les complémentaires santé ne réalisent pas de bénéfices, toutes les sommes étant réinvesties au profit des assurés. Il a également ajouté que « Nicolas Sarkozy s'était au contraire engagé à améliorer la prise en charge de ces dépenses par l’Assurance Maladie pendant la campagne présidentielle. »
De son côté, Chantal Brunel, porte-parole de l’UMP, a tenu à exprimer la position de son parti sur la question soulevée dimanche par Roselyne Bachelot sur la possibilité de confier aux complémentaires santé la totalité du remboursement des soins d'optique. La porte-parole a rappelé qu’à l’heure actuelle, 7 à 8 % des Français n’ont pas de mutuelle. En conséquence, selon elle, la question de la non prise en charge des frais d’optique par l’Assurance Maladie suppose « au préalable » que tout le monde puisse bénéficier d’une couverture globale.
Frédéric Lefebvre, autre prote-parole de l’UMP a insisté sur la « concordance de cette position avec la réflexion de la Ministre de la Santé puisqu’il s’agirait dans un premier temps que les mutuelles puissent couvrir tous les Français et dans un second temps de se poser la question de la prise en charge du financement des soins. »
Pour le gouvernement, le calcul est simple. Il estime que les complémentaires peuvent prendre en charge certaines dépenses couvertes à ce jour par la Sécurité sociale sans augmenter de façon trop importante les tarifs des contrats. Dans tous les cas, le perdant restera l’assuré qui verra son pouvoir d’achat une nouvelle fois égratigné.