La crise alimentaire actuelle avec une flambée des prix alimentaires vertigineuse « constitue une menace pour les progrès accomplis ces derniers temps en vue de réduire la pauvreté et de résorber la malnutrition », a annoncé la Banque mondiale dans une note d’orientation. Selon cette note de la Banque Mondiale, l’accroissement de la production de biocarburants a contribué à la flambée des prix alimentaires.
Selon la Banque mondiale ces prix alimentaires risquent de surcroît de se maintenir à des niveaux élevés sur le moyen terme, rappelant ainsi les inquiétudes récentes de la FAO. Face à la multiplication de troubles sociaux liés à la flambée du prix des produits alimentaires, la communauté internationale doit réunir ses forces « pour fournir un appui immédiat, (…) pour aider les pays à définir des mesures et politiques en vue de réduire l’impact de cet état de fait sur ceux qui, dans le monde, sont le plus vulnérables, » a déclaré le président de la Banque mondiale, Robert B. Zoellick.
La hausse des prix alimentaires touche surtout les pauvres des zones urbaines et des pays à faible revenu, précise la Banque Mondiale qui voit là une menace pour la stabilité dans le monde. Cette note d’orientation souligne entre autre que la hausse des prix du blé s’est chiffrée à 181 % sur les 36 mois qui ont précédé février 2008, et que les prix alimentaires mondiaux ont au total progressé de 83 %.
Pour l’avenir, la Banque mondiale s’attend à ce que les prix des cultures vivrières restent à des niveaux élevés en 2008 et 2009, avant un possible recul par la suite. Mais dans la plupart des cas, les prix alimentaires « resteront probablement bien supérieurs à leur niveau de 2004 jusqu’en 2015. »
De plus, les pauvres doivent faire face à la hausse des prix alimentaires, mais aussi à celle des coûts de l’énergie, « une combinaison de facteurs préoccupante », précise Danny Leipziger, vice-président de la Banque pour la réduction de la pauvreté et la gestion économique. « Des réponses doivent être apportées d’urgence », des réponses qui « doivent être conçues d’une manière de nature à favoriser un surcroît de production agricole sur le long terme. »
Selon la Banque Mondiale, l’accroissement de la production de biocarburants, en raison de l’évolution des prix pétroliers, a contribué à la flambée des prix alimentaires. Les impératifs de sécurité énergétique et le problème du changement climatique ont amené les pays à accroître la production et l’utilisation des biocarburants, entraînant un surcroît de demande de matières premières comme que blé, soja, maïs ou huile de palme.
La Banque a appelé ses partenaires au sein de la communauté internationale à combler le déficit de financement de 500 millions de dollars auquel fait face le Programme alimentaire mondial des Nations Unies pour pouvoir répondre aux besoins d’urgence.
De plus, son président a lancé, la semaine dernière, un appel à refonte de la politique alimentaire mondiale, avec une « nouvelle donne » axée sur la faim et la malnutrition, l’accès aux aliments et aux sources d’approvisionnement, mais aussi sur leurs liens avec l’énergie, les rendements, le changement climatique, ...