La France et l’Allemagne continuent les discussions sur la façon dont elles doivent partager entre les fabricants automobiles un objectif obligatoire proposé par l’union Européenne sur les émissions de dioxyde de carbone des véhicules, d’après les déclarations samedi des responsables des gouvernements des deux pays.
Le directeur du groupe de fabricants automobiles VDA en Allemagne, Matthias Wissmann, a déclaré vendredi dernier que les discussions étaient dans une impasse, ce qui a été confirmé par des responsables du gouvernement de l’Allemagne.
Mais les discussions bilatérales entre la France et l’Allemagne continuent, d’après le ministre de l’environnement allemand, Sigmar Gabriel.
« Bien sûr qu’elles continuent. Ce serait fou si nous ne pouvions nous mettre d’accord sur une politique environnementale » a-t-il indiqué.
« Nous devons mettre en place des objectifs ambitieux pour les voitures de petite et de moyenne taille, et non seulement pour les grosses voitures. Nous voulons prendre une décision au cours de la Présidence française de l’Union Européenne qui commence en juillet ».
Il a ajouté qu’il voulait trouver un compromis sur le niveau d’amendes pour le non respect des nouvelles lois.
La Commission Européenne a proposé en décembre dernier une limitation obligatoire des émissions des voitures en Europe d’une moyenne de 120 grammes par kilomètre pour l’ensemble de la flotte des fabricants automobiles dès 2012. Actuellement, cette limite est de 160 grammes par kilomètre.
Les discussions bilatérales entre la France et l’Allemagne ont été dominées jusqu’à présent par un débat sur la façon dont il faut partager l’objectif entre les fabricants automobiles, ceux d’Allemagne voulant que ce partage prenne en compte le taux d’émissions plus élevé de leurs voitures plus lourdes comparées aux voitures plus légères de la France.
Un responsable du ministère de l’environnement de la France a confirmé que les discussions étaient toujours en cours.
« Ni les allemands ni les français ne veulent un échec » a déclaré Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’état pour l’écologie.
« Il y a eu des progrès dans les discussions bilatérales depuis décembre. Nous allons trouver un accord dans la présidence française au cours de la deuxième moitié de l’année. Pour le moment il n’y a pas de convergence parfaite de position ».
Le Parlement Européen, en réponse au lobbying de l’industrie automobile qui affirmait que le cycle de production automobile était trop long pour s’adapter à l’objectif de l’Union Européenne, a annoncé que les fabricants automobiles auraient sans doute plus de temps pour réduire leurs émissions, l’objectif étant réduit à 125 grammes par kilomètre en 2015, plutôt que 120 grammes par kilomètre en 2012.
Les transports routiers sont la deuxième plus grande source d’émissions de gaz à effet de serre en Union Européenne, après la production d’électricité.