L’Union Européenne (UE) peut atteindre son objectif 2020 d’utiliser des biocarburants pour un dixième des carburants consommés par ses moyens de transports, sans que cela n’ait un impact sur les prix de l’alimentation ou sur les forêts tropicales, d’après les déclarations du Commissaire à l’environnement de l'UE, Stavros Dimas.
Les dirigeants de l'UE ont accepté cet objectif l’an dernier, dans le cadre de la lutte contre le changement climatique, et les ministres débattent maintenant de la façon dont l’Union pourra atteindre cet objectif tout en évitant des retombées non voulues comme la diminution des terres consacrées aux cultures destinées à l'alimentation et aux forêts tropicales.
Les scientifiques de l’Agence Européenne pour l’Environnement, le corps européen qui conseille l'UE sur les questions d’environnement, ont recommandé jeudi dernier l’abandon de l’objectif en matière de biocarburants.
Stavros Dimas a reconnu le rapport de l’agence mais a continué à soutenir l’objectif concernant les biocarburants.
La Commission Européenne a proposé en janvier des standards minimum pour les biocarburants –appelés aussi critère de durabilité- et de nouvelles propositions devraient être émises lors d’un meeting de l’Union Européenne qui aura lieu le 7 mai.
Les standards comprenaient une condition selon laquelle les biocarburants devaient réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 35%, ne devaient pas menacer les forêts tropicales et devaient prendre en compte les prix de l’alimentation.
De nouveaux amendements comprennent une réduction des émissions par rapport à l’essence de 40 à 50%, selon plusieurs sources proches du dossier.
Le ministre de l’environnement de l’Allemagne, Sigmar Gabriel, soutient également fermement l’objectif de l'UE en matière de biocarburants.
« Nous pouvons atteindre l’objectif de 10% de biocarburants par le biais d’une production de biocarburants en Union Européenne et des importations qui ne mèneront pas à un conflit avec l’alimentation ou les forêts tropicales » a-t-il indiqué.
L’augmentation importante des prix de la nourriture, un dollars faible et le développement des biocarburants ont mené à des émeutes dans les pays en développement dont l’Indonésie, les Philippines et Haïti, d’après les déclarations de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture.
Les biocarburants sont fabriqués à partir de cultures telles que le maïs ou le sucre, pour remplacer l’essence et le diesel dans les véhicules et autres moyens de transport.
Sigmar Gabriel a minimisé le rôle joué par les biocarburants dans l’augmentation des prix de l’alimentation.
Stavros Dimas a noté que les dirigeants de l'UE s’étaient mis d’accord l’an passé pour que l’objectif de biocarburants ne soit mis en place que à la condition d’une production durable.
L’Union Européenne et les Etats-Unis subventionnent la production des biocarburants pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et pour diversifier leurs sources d’énergie en utilisant des alternatives au pétrole.
L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture et l’OCDE (Organisation pour la Coopération et le Développement Economique) ont déclaré l’an dernier que les biocarburants étaient « l’un des principaux facteurs » de l’augmentation prévue des prix de l’alimentation de 20 à 50% d’ici 2016.