Les lémuriens et les fourmis font partie d’un projet majeur visant à sauver la faune et la flore de Madagascar, mis au point par des checheurs qui utiliseront une nouvelle méthode qui pourrait être appliquée à d’autres « points chauds » de la biodiversité, d’après ce que des chercheurs ont déclaré jeudi.
En se basant sur plusieurs décennies de recherches sur le terrain concernant 2315 espèces trouvées uniquement sur l’île de Madagascar, les scientifiques ont élaboré une façon de protéger tous ces animaux et ces plantes, au lieu de se concentrer seulement sur quelques-uns d’entre eux en espérant en sauver d’autres par la même occasion.
Des efforts précédents s’étaient concentrés sur une « espèce parapluie » -comme le panda géant de Chine ou les lémuriens de Madagascar- en se basant sur la théorie selon laquelle si on sauve l’habitat de ces créatures à haut profil, on sauvera également les espèces voisines.
Mais ce n’est pas nécessairement ainsi que ça se passe, a indiqué Claire Kremen, une biologiste à l’Université de Californie, à Berkeley, et chercheur pour le projet, dont les résultats ont été publiés jeudi dans le journal Science.
« C’est l’une des découvertes très claires de notre étude : si on développe un plan pour protéger toutes les espèces de lémuriens, on ne va pas sauver toutes les espèces de grenouilles et … on en manquera beaucoup » a indiqué la biologiste.
Des douzaines de scientifiques et autres professionnels ont réuni des données concernant la localisation exacte de la faune et de la flore sur l’île de Madagascar, en allant des lémuriens aux fourmis, en passant par les papillons, les grenouilles, les geckos et les plantes. Ils ont ensuite utilisé ces informations pour estimer la portée de chaque espèce et pour déterminer quelles régions étaient les plus vitales pour sauver le plus grand nombre d’espèces.
Les espèces qui ont déjà perdu leur habitat à cause de la déforestation étaient prioritaires dans le projet car elles sont grandement menacées d’extinction.
Les biologistes du monde entier ont depuis longtemps afflué sur Madagascar, où environ 90% des espèces sont uniques à l’île. Une des raisons de cette biodiversité abondante réside dans son relief varié –qui comprend des forêts tropicales, des forêts sèches, des montagnes et des plaines- et dans son histoire géologique.
Autrefois rattachée à l’Afrique, Madagascar s’est séparée du continent il y a 100 à 200 millions d’années. Elle a attiré des espèces colons, dont les lémuriens, dont les ancêtres ont sans doute utilisé des végétations flottantes pour rallier l’île.
Les lémuriens et d’autres espèces de la faune et de la flore ont ensuite évolué et se sont diversifiées pour remplir les niches environnementales de l’île.
Claire Kremen a indiqué que le projet pour Madagascar était à ce stade aussi simple qu’une carte des priorités de la biodiversité, l’un des facteurs à considérer quand le pays décidera quels endroits protéger.
Elle a ajouté que Madagascar pouvait être utilisée pour d’autres points chauds de la biodiversité autour du globe.