La ministre de la santé, Roselyne Bachelot, a signé, le 9 avril, avec les professionnels de la mode, de la publicité, des médias et les membres du groupe de travail "Image du corps", une charte d’engagement volontaire sur l’image du corps et contre l’anorexie, un problème de santé mentale. Objectif : éviter d’inciter les jeunes adolescents à « pratiquer » l’anorexie et la maigreur extrême via, par exemple, la promotion d’articles de mode portés par des mannequins trop maigres.
L’anorexie et la maigreur extrême touche en France, entre 30 000 et 40 000 personnes, en très grande majorité des femmes et des jeunes filles (neuf personnes sur dix). Le taux de mortalité, lié à ce problème de santé mentale serait de 5,6 % sur des durées d’études de dix ans, et dépasserait même les 20 % sur des périodes plus longues. La corrélation entre le suicide et l’anorexie est avérée avec un risque multiplié par 22.
L’anorexie mentale, un des troubles des conduites alimentaires (TCA), se manifeste notamment par une préoccupation tyrannique de l'apparence qui entraîne des restrictions alimentaires drastiques. Les causes sont multiples et surdéterminées. En tout état de cause elles relèvent d'une psychopathologie de l'image du corps. La mode avec ses mannequins longilignes, et les phénomènes d'imitations entre adolescents sont souvent incriminées mais ils restent difficiles à isoler de l'histoire du sujet qui souffre de son environnement familial et d'évènements de vie déclenchants (Source : Wikipédia).
Devant la gravité de cette situation, les pouvoirs publics ont engagé, en 2007, une réflexion avec un groupe de professionnels (médecins, agences de mannequins, professionnels de la mode, médias, annonceurs, ...). Des travaux qui ont permis de distinguer deux populations à risques : les professionnels vivant de l’image du corps - mannequins, danseurs, professionnels de l’esthétique et de la diététique, etc. - et soumis aux contraintes de l’exercice de leur métier ; les jeunes, plus particulièrement ceux entrant dans l’adolescence, tiraillés entre les canons esthétiques de la société et leur désir d’autonomie et d’affirmation personnelle.
L’objectif de la signature de cette charte de bonne conduite est de faire prendre conscience que l’anorexie est bien un problème de santé mentale, et de modifier les comportements et les représentations.
À cette fin, les actions dans la lutte contre l’anorexie vont : promouvoir la diversité corporelle en évitant les stéréotypes qui favorisent la constitution d’un modèle esthétique ; protéger la santé des professionnels de l’image du corps à travers des actions d’informations et de sensibilisation ; informer le grand public sur l’utilisation de l’image du corps et lui faire prendre conscience des dangers de l’anorexie.
Par ailleurs, le gouvernement prévoit de sanctionner l’incitation à la maigreur. La signature de la charte a été l’occasion de présenter la proposition de loi de Valérie Boyer qui pour objectif de combattre l’incitation à l’anorexie avec des sanctions judiciaires et pénales. Cette proposition de loi sera examinée au Parlement le 15 avril prochain.