Les chercheurs du Cirad ont récemment trouvé une souche d’un virus H5N2 hautement pathogène chez des canards sauvages au Nigeria. Dans ce même pays, il s'agit cette fois d'une nouvelle souche africaine du virus H5N1 qui a été détectée.
Le Cirad est à nouveau sur le front de la grippe aviaire, précisément en Afrique pour un projet mandaté par la FAO et intitulé EPIAAF (EPidémiologie de l’Influenza Aviaire en AFrique).
Cinq organismes de recherche européens dont le Cirad, porteur du projet, ont dépêché dans sept pays africains (Burkina-Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Egypte, Niger, Nigeria, Soudan) - ayant été infecté ces deux dernières années par le virus de la grippe aviaire - des scientifiques chargés d’enquêter sur l’introduction et la diffusion de la grippe aviaire depuis 2006, en Afrique.
Ils sont assistés sur place par des consultants de la FAO et les services vétérinaires africains. « Nous avançons sur deux axes » explique François Roger, responsable du groupe épidémiologie au sein de l’UR22 du Cirad, « l’un rétrospectif pour recueillir les données disponibles sur les épisodes de grippe enregistrés et l’autre transversal en effectuant des prélèvements et un recueil d’informations sur les oiseaux domestiques ».
Les oiseaux sauvages sont quant à eux toujours surveillés par les chercheurs en Asie et en Afrique et n’ont pas été trouvés porteurs du virus H5N1 sur le continent africain. Par contre, une souche d’un virus H5N2 hautement pathogène a été trouvée récemment chez des canards sauvages au Nigéria par des ornithologistes du Cirad.
Un virus de la grippe aviaire qui circule … et une nouvelle souche
Les enquêtes se concentrent principalement sur les élevages traditionnels, les élevages améliorés de type commercial et les marchés. Les poulets voyagent certes beaucoup et par tous les moyens en Afrique… « Les scientifiques sur place doivent faire de véritables enquêtes policières pour retracer les voies d’introduction et de diffusion du virus » précise Sophie Molia, « le type d’élevage et les densités animales sont probablement, entre autres, des facteurs déterminants pour la diffusion voire l’endémisation de la maladie ».
Le Nigeria et l’Egypte où se concentrent les plus grandes exploitations d’élevage de poulets, ont été très touchés par la grippe aviaire. Une nouvelle souche africaine du virus H5N1 de la grippe aviaire a même été détectée récemment au Nigeria.
Les chercheurs restent toutefois prudents sur les modes de diffusion du virus « qui pourrait probablement dans certaines zones et sous certaines conditions circuler à bas bruit ».
Ce sont les chercheurs italiens qui effectueront au laboratoire de référence de Padoue, les analyses de détection du virus et la caractérisation d’éventuelles souches spécifiques. Les scientifiques allemands développeront quant à eux une base de données pour la saisie et le stockage des informations. Le Cirad et ses partenaires anglais et belges auront la responsabilité des analyses biostatistiques, spatiales et épidémiologiques qui conduiront à l’identification des facteurs de risque écologiques et socio-économiques de la maladie.
Les premiers résultats du projet sont prévus pour l’automne 2008. Le projet EPIAAF doit en effet permettre à terme d’aider à la conception d’outils prédictifs sur les risques d’introduction et de diffusion de la maladie dans tel ou tel écosystème ou tel ou tel élevage.