Le Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Dr Margaret Chan, à l'occasion de la Journée mondiale de la Santé 2008, a prévenu que le changement climatique attaquait les fondements de la santé publique, les populations vulnérables étant les plus exposées aux conséquences prévisibles liées aux changements climatiques.
A l’occasion de la Journée mondiale de la Santé, le Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé, le Dr Margaret Chan, a souligné, ce lundi, que le changement climatique attaque les fondements de la santé publique. Elle a en outre donner un aperçu des défis qu’il faudra relever à grande échelle.
Selon le Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé sur l’impact des changements climatiques sur la santé, « l’année écoulée a marqué un tournant dans le débat sur le changement climatique. Les données scientifiques continuent de s’accumuler. Le climat change, principalement du fait de l’activité humaine, et on en ressent déjà les effets. »
Alors que selon les scientifiques, les données qui montrent que la terre se réchauffe sont « incontestables », la constatation de l’augmentation de la température moyenne de l’air et des eaux à l’échelle mondiale, de la fonte des glaces et de l’augmentation du niveau des mers et des océans, nous aide à comprendre les problèmes à venir et à nous y préparer, estime l’OMS.
Outre les changements observés, le climat a déjà des conséquences sur la santé. À l’occasion de la Journée mondiale de la Santé, le Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé, le Dr Margaret Chan, a souligné ce lundi que ces changements attaquaient les fondements de la santé publique tout en proposant un aperçu des défis qu’il faudra relever à grande échelle.
Selon le Dr Chan, « le problème essentiel peut se résumer en quelques mots : le changement climatique met directement en péril la santé ». « La planète va se réchauffer progressivement mais les effets des phénomènes climatiques extrêmes – augmentation du nombre de tempêtes, d’inondations, de sécheresses et de canicules – seront brutaux et durement ressentis (avec) des répercussions sur des éléments aussi fondamentaux pour la santé que l’air, l’eau, les denrées alimentaires, le logement ou l’absence de maladie. »
Les êtres humains sont déjà exposés aux effets de maladies sur lesquelles le climat a une influence avec déjà des millions de décès. Ainsi, la malnutrition provoque plus de 3,5 millions de décès par an, les maladies diarrhéiques plus d’1,8 million et le paludisme près d’un million.
De plus, toujours selon le Dr Chan, « le changement climatique est bien un phénomène mondial mais ses conséquences ne seront pas partout les mêmes ». « En bref, le changement climatique risque d’aggraver des problèmes de santé déjà considérables, en grande partie concentrés dans le monde en développement et difficiles à combattre. »
L’OMS et ses partenaires – dont le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, l’Organisation pour l’Alimentation et l’Agriculture et l’Organisation météorologique mondiale – conçoivent actuellement un plan de travail et un programme de recherche pour mieux estimer l’ampleur et la nature de la vulnérabilité liées au changement climatique en matière sanitaire et recenser des stratégies et des outils pour préserver la santé.
Dans les années à venir, l’OMS collaborera étroitement avec ses États Membres pour trouver des moyens efficaces d’adaptation au changement climatique et d’atténuation de ses effets sur la santé.
Comme l’a dit le Dr Chan, « par son action et son soutien aux États Membres, l’OMS est déterminée à faire tout son possible pour protéger la santé face au changement climatique. »
Selon l’OMS, le changement climatique aura cinq grandes conséquences.
Premièrement, l’agriculture est très sensible aux variations du climat. La hausse des températures et la multiplication des sécheresses et des inondations peuvent compromettre la sécurité alimentaire. On s’attend à une aggravation particulièrement marquée de la malnutrition dans les pays où un grand nombre de gens dépendent d’une agriculture de subsistance non irriguée. On estime que la malnutrition, souvent provoquée par des sécheresses périodiques, est déjà responsable de 3,5 millions de décès par an.
Deuxièmement, la survenue plus fréquente d'événements climatiques extrêmes entraîne un risque d'accroissement du nombre de décès et de traumatismes provoqués par les tempêtes et les inondations. En outre, ces inondations peuvent être suivies de flambées de maladies, telles que le choléra, notamment lorsque les services de distribution d'eau et d'assainissement sont endommagés ou détruits. Tempêtes et inondations figurent déjà parmi les formes de catastrophes naturelles les plus courantes et les plus meurtrières.
Troisièmement, la rareté de l’eau, qui est essentielle en matière d’hygiène, tout comme l’excès d’eau dû à des pluies torrentielles répétées vont accroître la charge des maladies diarrhéiques qui se répandent du fait d’une contamination des aliments et de l’eau. Ces maladies sont déjà la deuxième cause infectieuse principale de mortalité chez l’enfant – et représentent au total environ 1,8 million de décès par an.
Quatrièmement, les vagues de chaleur, notamment dans les « îlots de chaleur » urbains, augmentent directement la morbidité et la mortalité, essentiellement chez les personnes âgées qui souffrent de maladies cardio-vasculaires ou respiratoires. Canicules mises à part, l'élévation de la température accroît le volume d’ozone au niveau du sol et précipite le démarrage de la saison pollinique, ce qui contribue aux crises d’asthme.
Enfin, le changement des températures et de la configuration des pluies risque de modifier la répartition géographique des insectes vecteurs qui propagent les maladies infectieuses. De toutes ces maladies, ce sont le paludisme et la dengue qui sont les plus préoccupantes en matière de santé publique.
En bref, le changement climatique risque d'aggraver des problèmes de santé qui sont déjà considérables, en grande partie concentrés dans le monde en développement et difficiles à combattre.
En choisissant d’axer la Journée mondiale de la Santé 2008 sur le changement climatique, l’OMS souhaite attirer l’attention des décideurs sur certaines données éloquentes émanant du secteur de la santé. S’il n’est plus permis de mettre en doute la réalité du changement climatique, on peut encore en minimiser les conséquences – en particulier les conséquences sur la santé. La prise en compte des effets sanitaires du changement climatique peut aider les dirigeants politiques à prendre rapidement les mesures qui s’imposent, ajoute le Dr Chan.
À l’occasion de cette Journée mondiale de la Santé, elle annoncé que l’OMS allait redoubler d’efforts pour faire face à ces menaces.