Le Ministre de l’Environnement de l’Allemagne, Sigmar Gabriel, a déclaré vendredi qu’il avait arrêté le projet du gouvernement d’augmenter les niveaux obligatoires de mélange de biocarburant dans l’essence traditionnelle.
Les hommes politiques et les groupes industriels ont critiqué ce projet du gouvernement de l’Allemagne qui souhaitait augmenter le niveau de mélange à 10% pour certaines essences. Il est actuellement obligatoire en Allemagne de vendre de l’essence traditionnelle qui contient au moins 5% de biocarburant.
Les critiques de ce projet d’un mélange à 10% de biocarburant craignaient que cette augmentation puisse nuire aux voitures les plus anciennes.
Sigmar Gabriel a déclaré que plus de trois millions de voitures n’étaient pas encore prêtes pour le nouveau carburant et pourraient être forcées de passer à de l’essence non mélangée plus chère à cause des dégâts potentiels que pourrait faire le biocarburant sur le moteur.
« Notre politique environnementale ne veut pas être responsable du fait que des millions de conducteurs se mettent à utiliser de l’essence Super Plus », l’essence la plus polluante, d’après ce qu’a déclaré Sigmar Gabriel à la télévision ARD.
L’Allemagne considérait que les mélanges de biocarburants comme le bioéthanol étaient un moyen de parvenir à réduire ses émissions de gaz à effet de serre sans imposer les restrictions suggérées par l’Union Européenne qui pourraient nuire aux performances de son industrie automobile.
Le mélange de bioéthanol avec de l’essence fossile peut réduire les émissions de dioxyde de carbone, l’un des gaz à effet de serre à l’origine du changement climatique.
Le bioéthanol est l'éthanol d'origine biologique et agricole. Il n'est pas issu de l'agriculture dite "biologique". Le préfixe "bio" signifie simplement qu'il est produit à partir de matières vivantes (végétale). Il est utilisé comme biocarburant (ou agrocarburant) dans les moteurs à essence. Il s'agit d'un vecteur énergétique issu de l’agriculture et appartenant à la famille des énergies renouvelables.
Les végétaux contenant du saccharose (betterave, canne à sucre…) ou de l’amidon (blé, maïs…) peuvent être transformés pour donner du bioéthanol, obtenu par fermentation du sucre extrait de la plante sucrière ou par hydrolyse enzymatiques de l’amidon contenu dans les céréales. On parle généralement de filière "sucre" pour désigner cette filière de production du bioéthanol.
Cet éthanol d’origine végétale n’est rien d’autre que de l’alcool éthylique, le même que celui que l’on trouve dans toutes les boissons alcoolisées. Il peut être mélangé à l’essence en des proportions allant de 5 à 85 %. Au-delà de 20 % des adaptations aux moteurs de voitures sont souvent nécessaires.