Le Groupe Intergouvernemental d’Experts des Nations Unies sur l’Evolution du Climat (GIEC) a sérieusement sous-estimé la nécessité des nouvelles technologies dans ses rapports sur la façon dont il faut stabiliser les émissions de gaz à effet de serre qui sont à l’origine du changement climatique, d’après les déclarations d’experts en économie et en écologie mercredi.
Le GIEC a basé ses prévisions du changement climatique publié l’an passé sur l’hypothèse selon laquelle la technologie s’améliorerait automatiquement, donnant au monde une meilleure efficience énergétique, ce qui aiderait ainsi à réduire les émissions de gaz à effet de serre au cours des prochaines décennies.
Mais cette amélioration automatique de la technologie n’a pas encore eu lieu jusqu’à présent, d’après les auteurs d’un commentaire publié dans l’édition actuelle du journal Nature.
« Nous pensons que la taille de ce défi technologique a été largement sous-estimé, détournant l’attention des politiques qui pourraient directement stimuler l’innovation technologique » ont-ils écrit.
Alors que l’efficience énergétique a continué à s’améliorer dans les pays les plus riches, notamment aux Etats-Unis et en Europe, elle a au contraire décliné dans les pays en développement rapide tels que la Chine alors que la demande augmentait, d’après ce qu’a déclaré l’auteur principal de l’article, Roger Pielke Jr.
« Il y a plus de 2 milliards de personnes dans le monde qui n’ont pas accès à la technologie » a déclaré Roger Pielke, qui travaille au Centre pour la Recherche sur les Politiques Technologiques et Scientifiques à l’Université du Colorado à Boulder. « Et alors qu’elles réclament à juste titre un accès à l’énergie, leurs émissions de dioxyde de carbone ne peuvent qu’augmenter ».
Le dioxyde de carbone est émis par les centrales électriques au charbon, les véhicules alimentés avec des carburants dérivés du pétrole et certaines usines, ainsi que par des sources naturelles comprenant la respiration humaine. C’est l’un des gaz à effet de serre qui exacerbent le changement climatique en stockant la chaleur près de la surface de la Terre.
Roger Pielke compare l’hypothèse concernant l'amélioration technologique automatique faite par le GIEC à l’hypothèse selon laquelle tout individu obtiendra automatiquement une augmentation de son salaire chaque année.
Si on se figure qu’on obtiendra une augmentation tous les ans, on dépensera plus d’argent en se basant sur cette hypothèse, et on devra repenser les choses si l’augmentation attendue ne se matérialise pas, d’après ce qu’a déclaré Roger Pielke.
Il a reconnu qu’il existait une tendance sur une décennie vers une meilleure efficience énergétique, mais que cette tendance avait été déviée au cours de la dernière décennie.
Il est nécessaire de faire une révolution technologique selon lui, avec des investissements dans la recherche et le développement comparables aux investissements de l’armée américaine pendant la Guerre Froide.