Les premières discussions officielles du long processus d’élaboration d’un pacte de remplacement pour le Protocole de Kyoto sur le changement climatique ont été lancées en Thaïlande lundi et ont pour but de définir un but commun pour lutter contre le changement climatique.
« Le monde attend une solution qui soit viable sur le long terme et économiquement » a déclaré le Secrétaire Général des Nations Unies Ban Ki-moon dans une vidéo adressée aux 1000 délégués provenant des 190 nations rassemblés à Bangkok.
Ce meeting d’une semaine est le résultat d’un accord qui fait date pris à Bali l’an passé visant à lancer des négociations pour remplacer le Protocole de Kyoto, qui oblige seulement 37 nations riches à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 5% en moyenne d’ici 2012 par rapport aux niveaux de 1990.
Les experts climatiques des Nations Unies veulent que le nouveau pacte impose des réductions pour tous les pays, même s’il y a un grand désaccord sur la façon dont il faut partager ces réductions entre les nations riches menées par les Etats-Unis et les pays en développement comme la Chine et l’Inde.
Aucune décision majeure ne devrait être prise pendant les discussions de Bangkok en Thaïlande, qui ont pour but principalement d’établir un calendrier pour d’autres sessions de discussions qui déboucheront sur la Conférence des Nations Unies sur le Changement Climatique à Copenhague à la fin de l’année prochaine.
Cependant les groupes de protection de l’environnement observent attentivement ce qui se passe à Bangkok dans l’espoir de voir les pays riches tout comme les pays pauvres prendre un engagement durable afin de minimiser le changement climatique en réduisant les émissions de gaz à effet de serre tels que le dioxyde de carbone.
« C’est le premier test qui permettra de voir si la bonne volonté et les bonnes intentions que l’on a constaté à Bali sont toujours là quant il s'agit de négociations dures » a déclaré Angela Anderson du groupe de protection de l’environnement Pew Environment Group.
Même si les négociations devraient être dures et tortueuses, une série de rapports sur le changement climatique publiés par les Nations Unies l’année dernière ont souligné le besoin de limiter immédiatement le changement climatique.
Un rapport en particulier indiquait qu’il était probable à plus de 90% que les actions humaines –et principalement la combustion de carburants fossiles- étaient responsables des changements dans le système climatique qui entraîneront plus de canicules, de sécheresses, de tempêtes et une augmentation du niveau des mers.
Un problème majeur qui doit être résolu est la réticence des grandes nations en développement à mettre en place des mesures qui pourraient limiter leur industrialisation rapide.
Les délégués participant aux discussions de Bangkok devront également trouver un moyen de gérer les Etats-Unis dans le processus –le seul pays riche qui n’a pas signé le Protocole de Kyoto -étant donné que le Président G.W Bush quittera ses fonctions en novembre prochain.
G.W. Bush a exclu les Etats-Unis de Kyoto en 2001, en disant que le pacte nuirait à l’économie du pays et qu’il était injuste puisqu’il exemptait les grandes nations en développement de s’engager à réduire leurs émissions.
La Maison Blanche a depuis modéré sa position en disant qu’elle accepterait des objectifs de réduction des émissions si les autres grands émetteurs du monde faisaient de même en prenant en compte le contexte particulier de chaque pays.
De nombreux groupes de protection de l’environnement pensent que peu de progrès seront faits à propos du pacte de remplacement du Protocole de Kyoto avant que la nouvelle administration des Etats-Unis ne prenne ses fonctions en janvier 2009.
Les Nations Unies veulent que le nouveau traité soit en place d’ici la fin de l’année 2009 pour donner aux parlements nationaux le temps de le ratifier avant que Kyoto n’expire en 2012.