Certaines régions d’Asie perdent plus de 28000 km² de forêts chaque année, une tendance qui doit être inversée immédiatement pour lutter contre le changement climatique, d’après un rapport des Nations Unies publié jeudi.
La déforestation représente environ 20% des émissions totales de gaz à effet de serre dans le monde –les arbres absorbent le dioxyde de carbone lors de leur croissance et le relâchent quand ils sont brûlés ou en décomposition.
Une conférence sur le changement climatique, organisée par les Nations Unies à Bali l’an dernier, a accepté de lancer des projets pilotes pour accorder des crédits aux pays qui ralentissent la déforestation dans le cadre d’un nouveau pacte climatique de long-terme qui sera en vigueur à partir de 2012.
Avec près de 28000 km² de forêts qui disparaissent chaque année, les nations d’Asie du Sud et d’Asie du sud-est font partie des plus vulnérables au changement climatique, d’après ce qu’indique le rapport de la Commission Economique et Sociale pour l’Asie et le Pacifique.
« Si ces tendances continuent, les émissions liées à l’utilisation des terres augmenteront probablement jusqu’à 2050, de nombreux dégâts seront alors déjà faits d’ici le moment où les émissions commenceront à diminuer » a-t-il déclaré. « L’arrêt de la déforestation [et la protection des forêts] est de ce fait cruciale ».
Les experts disent que l’inversement de la tendance aiderait également à réduire l’impact de l’érosion des sols et des sécheresses, à protéger les nations d’Asie des inondations et permettrait d’augmenter la biodiversité, et ainsi la sécurité alimentaire.
Le rapport des Nations Unies indique que les gouvernements d’Asie et du Pacifique seront sans doute confrontés à des « éco-réfugiés » venant de leur propre pays ou d’autres régions, cherchant un abri après des catastrophes naturelles de long terme ou de court terme.
« Ces réfugiés se dirigeront sans doute vers les villes, et c’est pourquoi les gouvernements doivent élaborer un plan pour que gérer cet influx sur le court et le long terme » explique le rapport. « Une banque alimentaire régionale est une des mesures que les pays d’Asie peuvent adopter pour une assistance mutuelle ».
Le rapport indique qu’il est injuste d’attendre que les pays en développement sacrifient leur croissance pour réduire leurs émissions, mais qu’il est également impératif de les inclure dans tout effort de lutte contre le changement climatique.
« La solution est d’investir dans les technologies de réduction des émissions de dioxyde de carbone » ajoute le rapport.
Mais il faudrait environ 200 milliards de dollars par an pour revenir aux niveaux actuels d’émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030.
Le rapport suggère que les principaux pollueurs tels que la Chine et l’Inde devraient aider d’autres pays en développement d’Asie à développer des technologies écologiques plus pratiques et moins chères.
« Les pays de la région d’Asie, quelles que soient les mesures qu’ils prendront, ont besoin de développer des politiques qui réduisent les émissions de gaz à effet de serre ». La protection des forêts en fait partie.