Les jours les plus froids d’hiver en Russie et au Canada sont 4°C plus chauds depuis les années 1950, et selon le British Meteorological Office (Bureau de Météorologie Britannique) c’est un signe clair du changement climatique.
Une étude des températures minimum et maximum quotidiennes indique qu’une tendance vers des nuits plus douces et des jours plus chauds devrait apporter plus de canicules et des modifications des saisons de pousse des cultures.
« Les températures minimum ont connu les augmentations les plus importantes, surtout en Russie et au Canada, où les jours les plus froids sont désormais 4°C plus chauds que ce qu’ils étaient au milieu du 20ème siècle » a déclaré le Hadley Centre du Bureau de Météorologie Britannique.
Un communiqué publié par le Centre Hadley indique également que les changements les plus importants en matière de températures maximum ont eu lieu « au Canada et en Eurasie avec une augmentation de 1°C à 3°C des températures maximum ».
En Grande-Bretagne, le réchauffement climatique se traduit par une augmentation des températures maximum de 0,5°C à 3°C par rapport aux années 1950.
L’étude, publiée dans le Journal of Geophysical Research, montre aussi que « certains phénomènes extrêmes augmentent déjà » notamment en Russie et au Canada, a expliqué Simon Brown, scientifique climatique pour le Bureau Météorologique Britannique.
« La tendance devrait se poursuivre étant donné que le changement climatique aura un impact significatif, avec des nuits plus douces et des jours plus chauds à l’avenir » a-t-il indiqué.
L’année dernière, le Groupe Intergouvernemental d’Experts des Nations Unies sur l’Evolution du Climat (GIEC) avait prévu que les températures du monde augmenteraient de 1,8°C à 4,0°C d’ici 2100 à cause de l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Au cours du 20ème siècle les scientifiques ont enregistré une augmentation des températures de 0,7°C.
Une canicule en Europe pendant l’été 2003 a fait entre 22000 et 35000 victimes et près de 14 milliards de dollars de pertes agricoles, d’après le Bureau Météorologique Britannique.
Mais certains experts disent que les hivers plus chauds pourront aussi avoir des effets positifs tels que la chute du nombre de décès liés à un froid extrême, surtout dans les pays froids tels que le Canada et la Russie.
En plaisantant, le Président russe Vladimir Poutine avait déclaré en 2002 que les hivers plus chauds permettraient au moins de réduire les dépenses des russes liées à l’achat des manteaux de fourrures.