Thon rouge, « il faut un moratoire, maintenant ! » alerte Greenpeace. Alors que la saison de pêche au thon rouge doit commencer mi-avril, Greenpeace rappelle l’urgence à mettre en place dès maintenant un moratoire sur le thon rouge.
« Consensus scientifique sur l’effondrement du stock, surcapacité structurelle des flottes de pêche dans le bassin méditerranéen, quotas excessifs, fraudes massives, le constat est sans appel : pour éviter la disparition du thon rouge, il faut au plus vite un moratoire sur la pêche en Méditerranée », déclare Stephan Beaucher, responsable de la campagne Océans à Greenpeace France. Dans l’attente d’une reconstitution suffisante du stock, les pays pêcheurs du bassin méditerranéen doivent réduire de 78%. en moyenne leur flottille, soit sortir de la pêcherie 284 bateaux. Pour sa part, la France doit diminuer sa capacité de pêche de 72 %, soit réduire sa flottille de 23 bateaux (chiffres fournis par le rapport WWF).
Face à l’absence de volonté politique européenne et l’irresponsabilité des Etats membres, plus soucieux de sauver la face en s’attaquant aux excès visibles de cette pêche qu’à protéger une ressource clairement menacée, la Commission européenne annonçait un plan de contrôle de la pêcherie. Ainsi, entre fin mars et le 30 juin, dates qui correspondent à la saison de pêche, 30 inspecteurs en mer et 50 à terre, 49 bateaux et 16 avions seront affectés au contrôle de l’activité de pêche au thon, soit au total 160 journées de mission en mer et 57 inspections à terre. A cet effet, dès le 1er avril, une cellule sera spécialement affectée par l’Union européenne à la problématique de la pêche au thon.
« Toute la question est de savoir désormais si les inspecteurs pourront ou non se rendre dans le coffre-fort des eaux libyennes », commente Stéphan Beaucher. Plus gravement, l’urgence est moins le contrôle des dernières pêches de thon mais la reconstitution du stock avant sa probable disparition. »
En France, des procédures judiciaires sont en cours suite à des infractions constatées lors de la dernière saison de pêche. Depuis le 15 mars, plusieurs auditions d’armateurs se sont succédées, notamment concernant le recours intensif au quota-papier qui permet de donner une existence légale à du poisson pêché en fraude. « À quand une réaction identique de la part des autorités espagnoles et italiennes qui ont autant fraudé que la France l’an dernier ? », s’interroge Stéphan Beaucher.
« L’actualité confirme ce que nous répétons depuis un an: le stock méditerranéen est en sursis. 2008 sera une année couperet. Seul un moratoire de 3 à 5 ans pourra être en mesure de soulager le stock. Les membres de l’ICCAT doivent entendre ce message si l’on veut sauver les derniers thons », conclut Stéphan Beaucher.
Greenpeace rappelle ses demandes concernant la pêcherie du thon rouge : Décréter un moratoire de 3 à 5 ans ; cette période permettrait de restructurer l’ensemble de la filière. À cet égard la Commission a rappelé que des financements FEP (Fonds Européen pour la Pêche) étaient disponibles pour accompagner les reconversions.
Adapter la pression sur le stock par une réduction du nombre de thoniers senneurs et des fermes d’engraissement jusqu’à atteindre un équilibre avec la capacité biologique du stock, seul moyen de mettre fin à la surpêche et à la pêche illégale.
Interdire les délocalisations de bateaux qui ne font que cacher un recours à des pavillons de complaisance.
Si l’envoi d’observateurs officiels et assermentés à bord des thoniers senneurs est théoriquement utile, il n’est en aucun cas suffisant, tant les quotas officiels tels que décidés à l’ICCAT ne permettent en aucun cas la survie du stock de thon rouge de Méditerranée.