Jean-Louis Borloo, ministre de l’Écologie du Développement et de l’Aménagement durables, a souhaité a fait un point sur l’importation en France de bois exotiques, particulièrement en ce qui concerne le bois en provenance du Brésil. Concernant les certificats, il a demandé aux services des douanes la plus grande vigilance et le contrôle systématique des certificats et autorisations qui sont présentés pour l’acheminement de ces cargaisons.
Jean-Louis Borloo a contacté son homologue Brésilien, Marina Silva pour évoquer avec elle les questions des importations de ces bois exotiques et la conformité des autorisations de commerce de ces bois. Il a évoqué la perspective pour le Brésil de rejoindre la dynamique européenne FLEGT (FLEGT : Plan d’action européen "Forest Law Enforcement on Governance and Trade") pour lutter contre la déforestation sauvage de forêts primaires qui nuit à la biodiversité et à la lutte contre le changement climatique
Le Ministre a rappelé, conformément aux engagements du Grenelle Environnement, que l’objectif de la France est de porter une position ambitieuse à Bruxelles. Dans le cadre de la présidence française de l’Union Européenne, la France prendra des initiatives pour améliorer la lutte contre le commerce illégal et non durable de bois exotique.
Elle s’engage à soutenir dans ce domaine la perspective d’un projet de loi. Le comité opérationnel "Forêt" du Grenelle Environnement travaille sur ce sujet et devrait prochainement rendre ses conclusions.
« La France s’est engagée vigoureusement dans la lutte contre le commerce illégal de bois exotiques. Il s’agit de renforcer la certification, de privilégier l’emploi du bois certifié, et de limiter les importations de bois tropicaux et boréals à ceux-qui répondent aux exigences définies dans le FLEGT » a rappelé Jean-Louis Borloo.
Prenant acte de l’engagement du ministre de l’Écologie à soutenir une proposition de loi européenne contre le commerce de bois illégal et non durable, Greenpeace a libéré le cargo transportant du bois brésilien. Les activistes sont redescendus du cargo et ont regagné le navire de Greenpeace, l’Arctic Sunrise, mardi 18 mars vers 20 h, mettant fin à plus de 24 heures de blocage en mer. Le Galina III a rejoint le port de Blainville-Caen dans la nuit. Une inspection complète de la cale en partenariat avec les autorités brésiliennes doit commencer aujourd’hui.
« Notre action sur le Galina III a permis d’attirer l’attention des autorités sur ces trop nombreux bateaux qui arrivent chaque semaine à Caen, La Rochelle, Nantes ou Sète, chargé de milliers de m3 de bois issu du pillage des forets tropicales, déclare Grégoire Lejonc, de Greenpeace France. La France, par la voix du ministre Jean-Louis Borloo, s’est formellement engagé à soutenir dans ce domaine l’adoption d’une loi européenne contraignante pendant sa présidence de l’Union à partir de l’été 2008. Nous avions un objectif politique. Nous avons obtenu un engagement clair du ministre d’État. Nous attendons maintenant les effets dans la pratique. »
Greenpeace prend également acte l’engagement de la France à renforcer fortement les contrôles sur les certificats des cargaisons en provenance du Brésil. Les contacts pris mardi 17 mars entre Jean-Louis Borloo et Marina Silva, la ministre brésilienne de l’Environnement, augurent d’une meilleure collaboration sur la lutte contre le bois issus d’exploitations destructrices. Greenpeace appelle le Brésil à rejoindre le processus européen Flegt.
Dans cette logique, la cargaison du Galina III doit être examinée de façon approfondie dans les jours qui viennent, en partenariat avec les autorités brésiliennes. Greenpeace appelle à ce qu’il en soit fait de même avec tous les bateaux qui arrivent chaque semaine dans les ports français chargés de bois en provenance du Brésil, mais aussi du bassin du Congo ou d’Asie du sud-est.
La France doit maintenant assumer sa responsabilité dans la déforestation des forêts tropicales et cesser de rendre les consommateurs complices contre leur grès de crimes forestiers, ajoute Greenpeace.