Une partie des principaux pays émetteurs de gaz à effet de serre a soutenu dimanche les efforts menés par les Nations unies pour élaborer un pacte mondial de lutte contre le changement climatique mais a rejeté une approche par secteur pour limiter les émissions industrielles.
Les pays du G20 qui regroupent les principaux émetteurs de dioxyde de carbone tels que les Etats-Unis ou la Chine, ainsi que les grandes économies en développement telles que le Brésil, l’Indonésie et l’Afrique du sud, ont organisé un meeting de trois jours de discussions près de Tokyo pour discuter des façons de réduire rapidement les émissions actuellement croissantes.
« Ces deux groupes ne sont pas vraiment en compétition, ils pensent surtout à la façon dont ils peuvent coopérer collectivement » a déclaré Halldor Thorgeirsson du Secrétariat des Nations Unies pour le Changement climatique.
Le monde en développement demande aux états riches de faire plus pour limiter leurs propres émissions et d’aider les pays pauvres à payer pour s’équiper de technologies propres.
Les deux camps ont réussi à passer outre leurs différences à Bali en décembre dernier pour lancer un processus de négociations de deux ans à propos d’un pacte qui obligera toutes les nations à limiter leurs émissions.
« L’ensemble du débat sur le changement climatique n’est plus une question d’objectifs mais plutôt une discussion sur la façon dont on peut réduire les émissions » a ajouté Halldor Thorgeirsson, qui s’est félicité du fait que les discussions du G20 aient pris la forme d’un dialogue et non d’une négociation.
« C’est un très bon signe montrant que le bon esprit de Bali prévaudra à Bangkok également » a-t-il déclaré, faisant référence au meeting prévu du 31 mars au 4 avril dans la capitale de la Thaïlande. Il s’agira du premier meeting des Nations Unies sur le changement climatique dans le cadre de la « feuille de route de Bali ».
Mais certains membres et délégués du G20 ont exprimé leur inquiétude à propos de la proposition du Japon de mettre en place une approche par secteur pour réduire les émissions industrielles.
Le Japon veut que les principales nations émettrices de gaz à effet de serre définissent des objectifs d’émissions à court terme pour chaque secteur industriel qui, ensemble, formeraient ensuite un objectif national.
Mais le Japon ne précisait pas si cet objectif devait être obligatoire ou volontaire et les nations en développement ont indiqué que le modèle devait prendre en compte le contexte spécifique de chaque pays.
« Il est clair que les pays en développement et les pays développés sont toujours très éloignés en ce qui concerne les approches par secteur » a déclaré le ministre de l’environnement d’Afrique du sud, Marthinus van Schalkwyk.
La Slovénie, qui détient actuellement la présidence rotative de l’Union Européenne, s’est montrée plus prudente. « Nous sommes tous d’accord pour dire qu’une approche par secteur est nécessaire » a déclaré le Ministre de l’environnement de la Slovénie, Andrej Kranjc.
« Mais la proposition du Japon est un peu différente de la compréhension des autres, dont l’Union Européenne. Disons seulement que cette approche a du potentiel, et que nous sommes tous d’accord sur ce point ».
L’Indonésie a appelé à plus de financements et au transfert de technologies propres en matière d’énergie. Sinon selon elle, une approche par secteur ne fonctionnera pas.
« L’objectif est le même pour les pays en développement et les pays développés, mais il y a des grandes différences dans la manière de penser les choses » a indiqué le Ministre du commerce du Japon, Akira Amari.