L’Union Européenne a émis la possibilité jeudi de reconsidérer sa stratégie concernant les biocarburants, en raison des nombreuses inquiétudes entourant l’approche du bloc à ce sujet. Beaucoup craignent en effet que l’incitation à la production de biocarburants ne fasse augmenter les prix de la nourriture et ne fasse plus de mal que de bien à l’environnement.
« Nous n’excluons pas la possibilité d’amender ou de réviser nos objectifs » a indiqué le Premier Ministre de la Slovène, Janez Jansa, à qui incombe actuellement la présidence tournante de l’Union Européenne. « Nous devons répondre à ces inquiétudes en faisant des analyses pertinentes ».
Les dirigeants de l’Union Européenne ont promis l’an dernier d’augmenter de 10% la part de biocarburants produits à partir de cultures utilisés pour les transports d’ici 2020.
Mais certains écologistes et certaines agences des Nations Unies affirment que l’augmentation de la production des biocarburants pourrait engendrer une augmentation des prix de la nourriture, perturber les budgets des gouvernements et conduire à la déforestation en Asie du sud et au Brésil.
Les scientifiques disent également que certains types de biocarburants produisent autant de dioxyde de carbone que les énergies fossiles qu’ils remplacent.
« Il y aura plus d’analyses » a déclaré Janez Jansa à la fin du premier jour du sommet de l’Union Européenne. Il a déclaré qu’alors qu’une révision des objectifs ne pouvait pas être exclue, il n’avait pas encore entendu d’arguments en la faveur d’une telle révision.
La Commission Européenne a cherché à surmonter ces objections en proposant « un critère de durabilité » strict pour les biocarburants échangés dans l’Union Européenne.
Ce standard impliquerait une économie de dioxyde de carbone substantielle et garantirait que les biocarburants ne proviennent pas de régions forestières. Un groupe de travail des états de l’Union Européenne étudie actuellement de quelle manière un tel critère pourrait être infaillible.
La Commission Européenne a déclaré que sans objectif contraignant, l’industrie n’aurait pas de motivation pour produire des biocarburants.
Le Premier Ministre du Danemark, Anders Fogh Rasmussen a déclaré : « Oui, nous nous en tiendrons à cet objectif, mais nous devrions nous tourner vers les biocarburants de seconde génération pour cela ».
Cette seconde génération de biocarburants, qui sont fabriqués à partir de déchets municipaux ou de matières cellulosiques, ne sont pas en compétition avec les cultures destinées à l’alimentation et n’auraient donc pas de conséquences sur les prix de la nourriture.