Les dirigeants de l’Union Européenne se sont mis d’accord jeudi sur un calendrier d’action pour freiner le changement climatique, qui leur permettra de mettre en place des négociations mondiales l’année prochaine. Certains se sont néanmoins déclarés gênés par cette méthode.
L’Union Européenne se considère comme un leader mondial de la lutte contre le changement climatique, depuis que les pays membres ont accepté l’année dernière de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020 et d’augmenter la part de l’énergie éolienne, solaire et hydroélectrique dans leur production d’électricité d’ici 2020 également.
Après avoir présidé le premier jour du sommet de deux jours, le Premier Ministre slovène Janez Jansa a déclaré lors d’une conférence de presse que l’ensemble des 27 dirigeants des pays membres avaient accepté d’adopter une libéralisation du marché de l’énergie de l’Union Européenne en juin, ainsi qu’un ensemble de mesures de lutte contre le changement climatique et de promotion des sources renouvelables d’énergie en décembre dernier.
« Nous devons atteindre un accord d’ici les premiers mois de l’année 2009 au plus tard » a déclaré Janez Jansa.
Le Président Nicolas Sarkozy avait déclaré qu’il espérait atteindre un accord d’ensemble sur le changement climatique lors de la présidence française de l’Union Européenne dans la seconde moitié de l’année 2008.
Mais plusieurs dirigeants ont indiqué qu’un accord serait difficile à atteindre à cause des priorités nationales différentes.
La Chancelière de l’Allemagne Angela Merkel a pris la tête d’un groupe de pays qui demande des garanties d’un traitement spécial pour les industries intensives en énergie telles que l’industrie de l’acier, du ciment, du papier et de l’aluminium, pour qu’elles puissent prévoir des investissements.
La Grande-Bretagne, la Suède et les Pays-Bas sont opposés à la demande d’Angela Merkel qui souhaite que l’Union Européenne adopte d’ici 2009 des conditions spéciales pour les industries intensives en énergie, et ces trois pays affirment que cela affaiblirait la crédibilité de l’Union Européenne dans des négociations internationales sur les réductions d’émissions.
« Chacun a indiqué ses priorités. De nombreux dirigeants étaient assez nerveux à propos de la libéralisation du marché de l’énergie et d’une fuite de dioxyde de carbone » a déclaré un diplomate européen. « Une fuite de dioxyde de carbone » se produit lorsque la production est transférée aux pays ayant des standards environnementaux moins élevés.
Nicolas Sarkozy a déclaré aux journalistes : « La principale inquiétude concerne l’implémentation d’un mécanisme qui aura un impact sur ces pays qui ne jouent pas le jeu ».
Mais Angela Merkel pense que toute mesure prise par l’Union Européenne doit être compatible avec les règles de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC).
Si les dirigeants ne parviennent pas un accord sur ces détails d’ici les premiers mois de l’année 2009, la position de l’Union Européenne dans les négociations des Nations Unies à Copenhague en novembre 2009 sera affaiblie.
Les dirigeants de l’Union Européenne ont également accepté un projet franco-allemand d’Union pour la Méditerranée qui vise à renforcer les liens avec les voisins du sud de l’Union Européenne après des mois de marchandage amer.
Au-delà de la réduction de leurs émissions d’au moins un cinquième d’ici 2020 par rapport aux niveaux de 1990, les états de l’Union Européenne ont accepté d’utiliser 20% de sources renouvelables d’énergie pour leur production d’électricité et 10% de biocarburants pour alimenter leurs systèmes de transport.