Alors qu’un collectif de médecins a récemment lancé une opération pour évaluer la contamination au PCB de 60 habitants de Port Saint Louis du Rhône, la fédération France Nature Environnement rappelle les exigences qu’elle a portées devant le comité du plan national d’action sur le sujet des PCB.
Les PCB, ou PolyChloroBiphényles, et PCT ou PolyChloroTerphényles sont des dérivés chimiques chlorés plus connus en France sous le nom de pyralènes. Depuis les années 1930, les PCB étaient utilisés dans l’industrie pour leurs qualités d’isolation électrique, de lubrification et de d’ininflammabilité. On les retrouvait comme isolants dans les transformateurs électriques et les condensateurs, comme lubrifiants dans les turbines et les pompes ou comme composants d’huiles, de soudures, d’adhésifs, de peintures et de papiers autocopiants.
Rappelons aussi qu’il est avéré que les PCB posent des problèmes de toxicité. C’est pourquoi, depuis 20 ans ces substances ne sont plus ni produites ni utilisées dans la fabrication d’appareils en Europe.
France Nature Environnement et sa fédération régionale, la FRAPNA, n’ont eu de cesse d’alerter les pouvoirs publics de la situation depuis plus de 20 ans.
« Or, la lenteur des autorités à mener une étude globale d’imprégnation n’est plus acceptable au regard de l’urgence sanitaire et environnementale ». Pour France Nature Environnement, « il est impératif de mener une étude en ciblant prioritairement les populations les plus exposées, à savoir les « travailleurs du PCB » : pêcheurs professionnels et de loisirs. De plus, la pollution au PCB n’est pas limitée au Rhône, il convient donc de se pencher sur les populations des bassins les plus touchés (Moselle, Somme, baie de Seine) et d’établir la palette des pathologies engendrée par une exposition. »
Pour France Nature Environnement, « étant donné le coût des analyses, il faut utiliser au mieux l’argent en profitant des prélèvements pour mener des investigations sur les effets autres que cancérigènes des PCB (baisse de la fertilité, diminution du système immunitaire…). »
Une telle démarche « permettrait d’avoir enfin une vision globale et éclairée de la toxicité de ces molécules, ce que nous demandons depuis de nombreuses années, afin de prendre au plus vite des mesures visant à en limiter les effets à long terme. Le principe de la démarche a été validé au cours du comité national en février, en présence des Ministres de la Santé et de l’Environnement. Néanmoins, la durée annoncée de l’opération (3 ans), est bien trop longue par rapport aux attentes des populations qui ont été potentiellement impactées, » assure France Nature Environnement.
Pour la fédération des associations de protection de l’environnement, « la mauvaise qualité des cours d’eau français n’est pas uniquement le fait des PCB qui ne sont, en réalité, que la partie émergée de l’iceberg. Il est primordial d’élever le dossier à la question de la contamination des sédiments en général, et de dresser un diagnostic complet de leur état de santé en analysant la présence des métaux lourds, pesticides et autres polluants organiques persistants. »