Les minorités et les peuples indigènes font souvent les frais des ravages du changement climatique mais sont souvent également les derniers à recevoir une aide parce qu’ils sont en marge de la société, d’après un rapport publié mardi.
Certaines de ces minorités sont même les victimes des efforts de lutte contre le changement climatique, tels que le défrichement des forêts pour produire des biocarburants, d’après le rapport « Etat des Minorités du Monde 2008 » publié par le Groupe International des Droits des Minorités.
« Le changement climatique a fini par être un des premiers problèmes traités par les politiciens à tout niveau mais la reconnaissance des difficultés précises auxquelles sont confrontées les minorités est souvent manquante » a déclaré la directrice des politiques du Groupe International des Droits des Minorités, Ishbel Matheson.
« Depuis les conséquences immédiates d’une catastrophe au moment de définir une politique sur le changement climatique, la situation unique des minorités et des groupes indigènes est rarement considérée ».
Les scientifiques disent que les températures mondiales moyennes augmenteront entre 1,8 et 4,0°C au cours de ce siècle à cause des émissions de dioxyde de carbone provenant de la combustion des énergies fossiles pour l’électricité et le transport.
Cela fera fondre les calottes glaciaires, augmenter le niveau des mers et provoquera des inondations, des sécheresses et des tempêtes plus fréquentes, mettant des millions de personnes en danger.
Le rapport du Groupe International des Droits des minorités indique que les minorités oubliées vivent souvent dans des régions rejetées par la société riche parce que ce sont des endroits dangereux.
Les peuples indigènes vivent souvent dans des terres marginales inhabitées et parce qu’ils dépendent de la nature pour leur survie, sont doublement menacés par le changement climatique qui altère les saisons de pousse et les modèles de précipitations.
Et quand les catastrophes ont lieu et que les aides sont distribuées, ces mêmes groupes sont souvent les plus touchés mais les derniers à être aidés, d’après le rapport.
Le rapport indique des difficultés similaires pour les Dalits d’Inde, les Roma de Slovaquie, les Rama du Nicaragua et les Inuit de l’Arctique, et signale que les gouvernements doivent commencer à prendre en compte le sort de ces minorités dans leurs politiques sur le changement climatique.
La ruée vers les biocarburants et les incitations pour prévenir la déforestation en sont un parfait exemple.
Le défrichement en masse pour les biocarburants est non seulement une menace pour l’environnement, mais il prive également les individus locaux de leur gagne-pain.
Et tout accord pour ralentir la déforestation en négociations pour étendre le Protocole de Kyoto au-delà de 2012 doit être assez flexible pour permettre aux peuples indigènes et aux minorités de mener leur vie, d’après le rapport.
« Non seulement les minorités et les peuples indigènes souffrent de manière disproportionnée du changement climatique mais en plus ils sont affectés par ce que le monde considère comme une solution au changement climatique ».
Le rapport annuel, qui se focalise cette année sur l’impact du changement climatique, rappelle qu’il est grand temps que les pauvres et les personnes marginalisées du monde soient mis sur la carte politique.
« Il est maintenant urgent de faire en sorte que ces voix soient entendues dans le débat autour du changement climatique ».