La culture de plus de maïs pour satisfaire la demande croissante prévue aux Etats-Unis pour l’éthanol pourrait aggraver l’expansion de la « zone morte » dans le Golfe du Mexique, ce qui est une mauvaise nouvelle pour les pêcheries locales, les crevettes et les écrevisses qui y vivent, d’après les déclarations de chercheurs lundi.
La zone morte en question est une grande zone d’eau –d’environ 20000 km²- qui se forme au-dessus du plateau continental du Golfe du Mexique tous les étés. Elle contient des taux très bas d’oxygène.
La zone morte commence dans la campagne du Midwest, quand les agriculteurs fertilisent leurs champs avec du nitrogène. Le surplus de fertilisants s’écoule le long du fleuve Mississippi dans le Golfe du Mexique, et permet aux algues de se multiplier à la surface et réduit l’oxygène pour les créatures qui vivent dans les fonds marins.
Les bas niveaux d’oxygène dans la zone font qu’il est difficile pour les crustacés et les poissons qui vivent dans les fonds marins de survivre, d’après Simon Donner, qui a travaillé sur l’étude publiée dans le journal Proceedings of the National Academy of Sciences.
Les crustacés vont tout faire pour rester en vie, a-t-il ajouté. Les poissons nageront pour sortir de la zone morte, ce qui aura des conséquences graves pour les pêcheries locales.
« Nous sommes déjà à un point où il a été confirmé que les niveaux de nitrogène dans le Fleuve Mississippi doivent diminuer de 55% afin que la zone morte rétrécisse » a indiqué Simon donner, de l’Université de British Columbia à Vancouver.
« Et aujourd’hui avec cette incitation pour produire plus de maïs et utiliser plus de fertilisants, nous allons dans la direction exactement opposée » a déclaré Simon Donner. « Les deux politiques sont complètement opposées.
Une nouvelle politique énergétique proposée par le Sénat recommande la fabrication de 56 milliards à 136 milliards de litres de biocarburants d’ici l’année 2022.
Atteindre cet objectif avec de l’éthanol fabriqué à base de maïs ferait augmenter la pollution au nitrogène dans le Fleuve Mississippi de 10 à 18%.
Les zones mortes sont des zones hypoxiques (déficitaires en oxygène dissout) dans l'environnement aquatique (mers, océans, estuaires, grands lacs, mares, etc.). Les études conduites en Baltique et aux États-Unis depuis la fin des années 1990 montrent que nombre de poissons dont on pourrait penser qu'ils puissent facilement les fuir y perdent rapidement connaissance et meurent asphyxiés sur le fond.
Dans certains cas, certains poissons semblent pouvoir échapper à la mort, mais les crustacés tels que homards, langoustes, langoustines, crabes ou crevettes se déplacent trop lentement pour échapper à l’asphyxie. Quand aux moules, huîtres et autres organismes fixés, ils sont condamnés. Les coraux et de très nombreux animaux coloniaux meurent, et leur putréfaction contribue à accentuer le phénomène.
Des zones mortes sont observées de plus en plus souvent, et sur des surfaces de plus en plus grandes. La plus vaste zone morte repérée en 2003 (parmi 150 environ) atteignait selon l'ONU 70000 km² environ. Ces zones ont des impacts de plus en plus importants sur la pêche et les écosystèmes.