Avec le baril de pétrole à 100 dollars et la glace de l’Arctique qui fond plus rapidement que jamais, certains des pays les plus puissants du monde –dont les Etats-Unis et la Russie, tournent leur regard en direction du nord qui pourrait être un riche filon d’énergie.
Cette ruée vers les richesses minérales enterrées de l’Arctique, rendues plus accessibles par les mers de glace récemment fondues, pourrait entraîner un genre de guerre froide complètement différent, d’après les déclarations d'un Garde Côte des Etats-Unis.
Alors qu’un responsable du gouvernement des Etats-Unis remet en question le risque de conflit polaire, Washington voudrait ratifier un traité international qui a pour but de déterminer qui détient les droits de propriété des océans, y compris l’Océan Arctique. Jusqu’à présent, le Sénat n’a pas approuvé cette requête.
Au contraire de la première guerre froide, dominée par les tensions entre les deux grandes superpuissances de la fin du 20ème siècle, le modèle de guerre froide de ce siècle pourrait monter les pays qui longent l’Océan Arctique les uns contre les autres puisqu'ils revendiqueraient tous les droits de propriété des minéraux de l’Arctique. Les puissances Arctique comprennent les Etats-Unis, la Russie, le Canada, le Danemark et la Norvège.
Fait ironique : la combustion des énergies fossiles est au moins en partie responsable de la fonte de l’Arctique – à cause du changement climatique- et cette fonte de l’Arctique pourrait entraîner une ruée vers l'exploitation d'encore plus d’énergies fossiles.
Les enjeux sont énormes, d’après Scott Borgerson du Conseil sur les relations étrangères, un ancien garde côte américain, Scott Borgerson.
L’Arctique pourrait abriter un quart des dépôts de pétrole et de gaz encore non découverts à ce jour dans le monde, a écrit Scott Borgerson dans l’édition actuelle du journal Foreign Affairs.
La Russie a revendiqué une superficie de 1,191 millions de km² d’eaux Arctique, et a même planté un drapeau du pays sur le lit de l’océan au Pôle Nord l’été dernier. Quelques jours plus tard, Moscou avait envoyé des bombardiers stratégiques au-dessus de l’Arctique pour la première fois depuis la Guerre Froide.
« Je pense qu’on peut dire que planter un drapeau sur le lit de l’océan et le renouvellement des vols des bombardiers est un acte de provocation » a déclaré Scott Borgerson.
Il a néanmoins déclaré à propos de la position des Etats-Unis : « Je ne pense pas que nous nous battions ; je pense que les russes se battent et que les norvégiens, les canadiens et les danois en sont conscients ».
Scott Borgerson a déclaré qu’il serait judicieux pour les Etats-Unis de ratifier aujourd’hui la Convention des Nations Unies sur la Loi de la mer, qui codifie quels pays ont des droits sur certaines parties des océans du monde.
L’administration Bush pense de même, ainsi que les groupes de protection de l’environnement. L’armée américaine et les compagnies énergétique cherchent à explorer l’Arctique, maintenant qu’il y a suffisamment de glace fondue pour ouvrir des lignes de navigation dès la prochaine décennie.
« Il n’y a pas de guerre froide glacée » a déclaré un responsable du gouvernement des Etats-Unis. Cependant, il a signalé que la ratification par les Etats-Unis de la Loi de la Mer leur donnerait un certain poids juridique dans leur revendication de la zone.