Un tiers des bébés nés entre 29 et 33 semaines ont besoin de bénéficier de soins spécialisés jusqu’à leur cinq ans, d’après une étude réalisée par l’Inserm. La grossesse doit normalement durer au moins 40 semaines et il est bien connu que toute naissance prématurée peut mener à des problèmes physiques ou des difficultés d’apprentissage pendant l’enfance de ces grands prématurés.
Mais l’étude publiée par le journal Lancet, réalisée sur 400 bébés nés après une grossesse menée à terme et 1800 bébés nés avant 33 semaines de grossesse, a montré que les grands prématurés avaient besoin de soins significatifs sur une grande période de temps.
L’organisation caritative britannique Bliss a déclaré que l’étude rappelait le besoin de soins de suivi appropriés pour les grands prématurés.
En 2005, 11500 bébés sont nés avant 33 semaines de grossesse en Angleterre et au Pays de Galles, la plupart d’entre eux étant nés entre 29 et 33 semaines de grossesse.
Le nombre de grands prématurés qui survivent augmente à mesure que les soins s’améliorent. Mais ce taux de survie plus élevé soulève d’autres problèmes et met notamment en lumière le taux de problèmes de développement et de séquelles liés à la naissance prématurée.
Les chercheurs de l’Inserm en France et de l’Université Pierre et Marie Curie ont comparé 1800 bébés nés avant 33 semaines de grossesse avec 400 bébés nés après une grossesse complète.
L’étude a ensuite suivi les enfants jusqu’à leurs cinq ans, en contrôlant leur santé physique et en leur faisant passer des tests de mémoire et de compréhension.
Les déficiences ont été classées en trois catégories : mineures, modérées et graves.
Les taux de déficience étaient les plus élevés chez les bébés nés avant 28 semaines de grossesse, avec 49% (soit 195 bébés) de ces grands prématurés affectés.
Mais le nombre total d’enfants présentant des déficiences était plus élevé dans le groupe de bébés nés entre 29 et 33 semaines : ils étaient 441 à présenter des déficiences, soit 36% du groupe.
Les chercheurs ont écrit dans le journal Lancet : « Ces résultats soulèvent des questions à propos de la santé et de la provision des services de réhabilitation et du coût de ces services pour les familles et la société. Un travail supplémentaire est nécessaire pour identifier les meilleures interventions de développement qui soient également les moins coûteuses pour améliorer le diagnostique fonctionnel des déficiences moteur. Pendant leur croissance, les enfants ayant des déficiences cognitives auront des difficultés à l’école et auront besoin d’aide ou d’une éducation spécialisée ».
Par ailleurs, les chercheurs ont déclaré qu’il fallait faire davantage de recherches sur les interventions qui pourraient aider les grands prématurés à comprendre et à apprendre lors de leur développement.
Le Dr Mary jane Platt, une spécialiste de la santé publique de l’Université de Liverpool a déclaré que le degré de déficience était important mais a ajouté : « Il y a un groupe significatif d’enfants présentant un type de handicap cognitif qui n’est pas une déficience. Nous avons besoin d’en savoir plus à propos de la façon dont ces handicaps affectent ces enfants et sur la manière dont nous pouvons les soutenir ».
Elle a ajouté : « L’étude nous rappelle que les enfants nés avant 33 semaines de grosses ont besoin de soins et de soutien qui doivent durer bien après leur sortie de l’unité de soins néonatale ».