Le WWF-France et un collectif de 300 médecins lancent une étude d’imprégnation sur l’Homme aux PCB. Le WWF-France et l’Association de médecins ASEP (Association Santé Environnement Provence) se son en effet associé pour évaluer le niveau de contamination de l’Homme par les PCB le long du fleuve Rhône, notamment par la consommation de poissons.
Le WWF-France et l’Association de médecins Association Santé Environnement Provence ont commencé à évaluer le niveau de contamination des riverains du Rhône aux PCB, à Port-Saint-Louis du Rhône, situé dans les Bouches-du-Rhône, l’un des départements les plus pollués de France, devançant ainsi le ministère de l’environnement qui devrait aussi lancer une enquête similaire. Ainsi, le 4 mars, à partir de 12h30, ont débuté les premiers prélèvements sanguins au laboratoire Prola à Port-Saint-Louis du Rhône (13230).
Cette étude menée par le WWF-France et l’Association de médecins « Association Santé Environnement Provence » porte sur un panel de population répartie en trois catégories : Une population consommant régulièrement des poissons d’eau douce du Rhône et de son estuaire ; Une population résidant sur les rives du Rhône ne consommant pas ou très peu de poissons du Rhône ; Une population témoin de représentation diverse.
Patrice HALIMI, chirurgien pédiatre et Secrétaire Général de l’ASEP « constate le nombre croissant de pathologies liées à l’environnement et souhaite par cette étude informer la population et sensibiliser les élus. »
« Le WWF-France réclame depuis le 19 septembre dernier que soit effectué rapidement une étude d’imprégnation aux PCB sur l’Homme. Face à l’inertie devant cette grave pollution, nous nous devions d’agir » déclare Serge ORRU, Directeur Général du WWF-France. Pour cela, le WWF-France lance aussi un site Internet d’information et de soutien www.stopauxpcb.com.
Alors que l’ONU classe les PCB comme l’un des douze polluants les plus dangereux pour l’Homme, en France, le Rhône, la Somme et la Seine sont touchés par une forte pollution aux PCB. Les polychlorobiphényles ou pyralènes sont des molécules complexes classées dans les Polluants Organiques Persistants (comme les dioxines), utilisées de façon massive dans l’industrie à partir des années 30.
Les PCB sont utilisés comme isolant électrique principalement dans les transformateurs. Les PCB jouent un rôle de promoteurs dans les processus cancérigènes, entraînent des problèmes de fertilité, de croissance et une dégradation du système immunitaire. L’exposition de la population aux PCB se fait essentiellement par voie alimentaire (95 à 98 %).
Le rejet des PCB dans l’environnement et leur concentration dans les sédiments posent un grave problème écologique car leur structure moléculaire les rend particulièrement persistants dans les écosystèmes. De plus, solubles dans les graisses, ils s’accumulent jusqu’à atteindre des concentrations très élevées en haut de la chaîne alimentaire. Au niveau de l’organisme humain, ils se retrouvent dans les « graisses de réserves » mais aussi au niveau des membranes cellulaires.
Deux chiffres alarmants selon le WWF : 1200 millions de tonnes de PCB ont été produites dans le monde et 400 millions de tonnes se trouvent dispersées dans la nature dont 34 000 tonnes en France.