La France et l’Allemagne en désaccord avec les standards européens pour les fabricants automobiles 04/03/2008 14:54 (Par Sandra BESSON)
La France et l’Allemagne en désaccord avec les standards européens
La France et l’Allemagne sont en désaccord profond sur le projet de l’Union Européenne de standards pour les fabricants automobiles destinés à réduire leurs émissions de dioxyde de carbone.
Les pays de l’Union Européenne qui fabriquent des voitures lourdes, menés par l’Allemagne, sont entrés en conflit lundi avec les fabricants de voitures plus légères tels que la France, à propos de mesures strictes visant à forcer les fabricants automobiles à réduire leurs émissions de dioxyde de carbone (CO2).
En décembre, la Commission Européenne a proposé des sanctions importantes pour les fabricants automobiles dont la flotte excède une moyenne de 120 grammes par km de CO2, le principal gaz à effet de serre à l’origine du changement climatique.
La Commission Européenne favorise des amendes basées sur un système d’émissions de CO2 par kilomètres mais en utilisant le poids du véhicule pour 60% du calcul : une approche que n’apprécient pas les fabricants automobiles de l’Allemagne et de la France pour différentes raisons.
L’Allemagne, qui compte plusieurs grandes marques de voitures de luxe telles que Porshe, BMW, et Mercedes-Benz, souhaite que le calcul prenne en compte le poids du véhicule pour 80%, d’après les déclarations des représentants allemands participant au meeting des ministres de l’environnement de l’Union Européenne à Bruxelles lundi.
L’Allemagne affirme que le système proposé favorisera les véhicules plus légers.
« Nous devons repenser le niveau des sanctions. Toutes les catégories de véhicules doivent partager le poids du fardeau » a déclaré Matthias Machnig, secrétaire d’état à l’environnement de l’Allemagne.
Cependant, les fabricants de voitures de la France, tels que Renault et PSA Peugeot Citroën ont rejeté cette revendication et ont déclaré que le système proposé frapperait plus durement encore leur secteur de l’industrie.
« 60% sera un chiffre très difficile » a déclaré le ministre de l’environnement de la France Jean-Louis Borloo, en ajoutant qu’il était en faveur d’un chiffre inférieur à 30%.
« Il est dur d’accepter que les voitures plus lourdes et plus polluantes avec des émissions plus élevées n’auront pas à payer plus ».
Les amendes pour les compagnies qui ne respecteraient pas ces nouveaux standards commencent à 20 euros par nouvelle voiture pour chaque gramme supplémentaire par kilomètre en 2012 (en faisant une moyenne pour toute la flotte), et vont jusqu’à 95 euros par gramme supplémentaire par kilomètre en 2015.
L’Allemagne était soutenue pendant le débat par la République Tchèque, la Hongrie, l’Autriche, la Slovaquie et la Suède, cette dernière comptant Saab et Volvo parmi ses fabricants automobiles.
L’Italie, pays de la marque Fiat, et la Roumanie, ont toutes deux soutenues la France dans sa demande d’une réduction du pourcentage.
La Grande-Bretagne a proposé que tous les fabricants automobiles devraient améliorer leurs plans actuels de réductions d’émissions d’au moins 25%.
« Nous voulons demander un effort de 25% pour tout le monde » a déclaré la secrétaire britannique à l’environnement Hilary Benn.