Les ministres de l’environnement de l’Union Européenne espèrent approuver des plans pivots d’ici décembre pour lutter contre le changement climatique, malgré les divergences qui existent à propos des projets pour les industries intensives en énergie et la durabilité des biocarburants.
Les 27 ministres soutiennent largement un plan pour réduire les émissions de dioxyde de carbone (CO2) d’au moins un cinquième comparé au niveaux de 1990 d’ici 2020. Ce plan comprend également l’augmentation à 20% de la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité et l’augmentation à 10% de la part des carburants utilisés dans le transport.
Mais de nombreux états membres, dont la France et l’Allemagne, estiment qu’une plus grande clarté est nécessaire sur la gamme des mesures proposées, notamment pour déterminer quelles industries obtiendront des permis gratuits d’émissions de CO2 et pour savoir si les biocarburants seront produits de manière durable.
« Il y a toujours des divergences sur de telles questions importantes, mais il y a un accord général pour régler ces problèmes et aboutir à un accord politique d’ici la fin de l’année » a déclaré le ministre de l’environnement de la Slovène, Janez Podobnik, dont le pays détient la présidence de l’Union Européenne.
Les mesures sans précédent pour lutter contre le changement climatique ont été proposées par la Commission Européenne en janvier et devront obtenir l’approbation de tous les leaders de l’Union Européenne et du Parlement Européen.
Les conclusions du meeting de lundi des ministres de l’environnement –qui seront discutées par les chefs d’état ce mois-ci- recommanderont l’atteinte d’un accord « politique » d’ici la fin des six mois de la présidence de la France qui commence le 1er juillet.
« Cela nous permettra ensuite d’atteindre notre objectif, c’est-à-dire d’avoir un accord d’ensemble au Parlement d’ici le printemps 2009 » a déclaré Janez Podobnik lors d’une conférence de presse.
L’Union Européenne souhaite un accord rapide pour pouvoir faire pression sur d’autres régions puissantes telles que l’Asie ou l’Amérique du Nord, pour les inciter à suivre sa voie lors des négociations climatiques internationales qui auront lieu l’an prochain et qui auront pour but de trouver un accord mondial de lutte contre le changement climatique.
« Un nouvel accord international est notre principale priorité d’ici la fin de l’année 2009, c’est pourquoi réaliser nos objectifs est très important pour que nous puissions avoir une forte position dans les négociations » a déclaré le Commissaire à l’Environnement de l’Union Européenne, Stavros Dimas.
« Tout retour en arrière nuirait à notre crédibilité dans ces négociations l’année prochaine ».
Les ministres de l’énergie de l’Union Européenne ont négocié difficilement lors de leur meeting la semaine dernière.
La Commission Européenne ne décidera pas avant 2010 quelles industries les plus vulnérables à la compétition mondiale, telles que l’acier, l’aluminium et le ciment, obtiendront des permis gratuits dans le cadre du Marché européen des permis d’émissions, qui alloue un quota fixé de permis d’émissions aux industries lourdes.
« Nous avons besoin de clarté maintenant. Nos industries doivent être capables de se préparer pour une telle éventualité » a déclaré le Secrétaire d’état allemand pour l’environnement Matthias Machnig lors d’un débat public.
Beaucoup d’états membres appellent aussi à un ré-examen de l’approche du bloc en ce qui concerne les biocarburants, et remettent en question l’impact environnemental des « carburants écologiques » faits à partir de céréales et d’huiles végétales.