Face à la perspective de payer des milliards d’euros d’amendes pour leurs émissions de dioxyde de carbone (CO2), les fabricants automobiles prévoient de redemander à la Commission Européenne d’améliorer les routes et les transports publics pour les aider à se conformer aux limitations d’émissions de CO2 qu’elle propose.
L’association qui représente les fabricants automobiles du monde entier a déclaré qu’elle organiserait une conférence de presse lors du Salon de l’automobile de Genève mercredi prochain pour renouveler cette demande.
La Commission Européenne a rédigé une législation très dure visant à réduire les émissions de CO2 des véhicules, et qui comprend des amendes corsées pour les fabricants qui ne respectent pas les nouvelles limitations.
La législation a été très critiquée par des pays tels que l’Allemagne, dont les fabricants automobiles font de grosses voitures qui polluent plus que les petits modèles conçus en France ou en Italie.
La législation, adoptée en décembre dernier, fait partie d’une initiative à plus grande échelle ayant pour but de réduire les émissions de gaz à effet de serre liées au changement climatique. Cette initiative doit être discutée par les ministres de l’environnement de l’Union Européenne à Bruxelles lundi prochain.
L’une des demandes de l’OICA, l’association qui organise la conférence de presse, est que la Commission Européenne mette l’accent sur l’amélioration des routes et d’autres infrastructures pour inciter les fabricants automobiles à adopter des technologies plus propres.
« Il y a un problème d’infrastructure » a déclaré Guido Rossignoli, un président du comité de l’OICA.
« Il est juste de se diriger vers des réductions obligatoires des émissions de CO2 des voitures, mais cela ne mènera à rien si aucune autre mesure spécifique n’est mise en place » a-t-il déclaré jeudi.
Les fabricants automobiles avaient publié un communiqué similaire lors du salon de l’automobile de Francfort en septembre dernier, et ils avaient alors déclaré que le coût supplémentaire lié à l’application de ces standards pour 2012 nuirait à l’industrie automobile.
Même si les directeurs automobiles étaient venus en force à Francfort, ils ne devraient pas se montrer lors de la conférence de presse de Genève, à laquelle participeront seulement les responsables de l’association.
Guido Rossignoli a déclaré que l’initiative de la Commission Européenne était plus stricte que celle proposée par les Etats-Unis et le Japon, qui avaient fait en sorte d’améliorer leurs infrastructures.
« La Commission doit étudier ce que le Japon a fait ».
Afin qu’elle prenne effet, la législation proposée doit être approuvée par le parlement européen, ce qui devrait arriver dans les mois à venir d’après Guido Rossignoli.
« Cette proposition sera probablement adoptée cette année : au plus tard à la fin de l’année 2008 » a-t-il indiqué.