Le Japon et la Russie sur la voie d’un accord sur les droits d’émissions de gaz à effet de serre 28/02/2008 13:09 (Par Sandra BESSON)
Le Japon et la Russie sur la voie d’un accord sur les droits d’émissions de gaz
Pour respecter ses objectifs de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre fixés par Kyoto, le Japon souhaite parvenir à un accord avec la Russie, pour que cette dernière lui vende des permis d’émissions. Ce projet se concrétise de plus en plus alors que les négociations entre les deux pays progressent.
Le Japon concrétise de plus en plus son projet d’acheter des droits d’émissions de gaz à effet de serre à la Russie, pour aider Tokyo à se conformer à ses limitations d’émissions fixées par le protocole de Kyoto sur le changement climatique.
Le Protocole de Kyoto des Nations Unies permet aux pays industrialisés d’atteindre leurs objectifs d’émissions de gaz à effet de serre entre 2008 et 2012 en achetant des droits d’émissions à d’autres pays développés ou aux nations en développement.
Ces deux systèmes d’échange de permis d’émissions obligent l’acheteur à financer des réductions d’émissions pour recevoir des compensations de dioxyde de carbone.
Un troisième système plus controversé permet aux pays industrialisés qui ont réussi à réduire leurs émissions davantage que prévu, de vendre la différence entre leur quota prévu et leurs émissions réelles, cet échange n’ayant pas nécessairement de lien avec une réduction quelconque d’émissions.
C’est ce troisième système que le Japon cherche à utiliser avec la Russie.
La Russie a déclaré qu’elle mettrait en place un réseau légal interne pour permettre à Moscou de vendre son surplus de droits d’émissions, a indiqué Hiroshi Oe, directeur général pour les questions mondiales au Ministère des affaires étrangères du Japon.
Le Japon a signé en fin d’années dernière un mémorandum de compréhension avec la Hongrie pour acheter le surplus de permis de ce pays en échange d’investissements écologiques.
Le Japon négocie des accords similaires avec des pays tels que la Pologne, la république Tchèque et l’Ukraine.
Le Japon voulait initialement acheter près de 20 millions de tonnes de droits d’émissions par an pour la période 2008-2012, en utilisant les trois options d’échange d’émissions prévues par Kyoto.
Mais ce chiffre pourrait encore croître étant donné que les émissions du Japon pour la période mars 2006-mars 2007 excédaient déjà les objectifs de Kyoto de près de 155 millions de tonnes de dioxyde de carbone.
Le Japon et la Russie sont d’accord pour que le successeur du Protocole de Kyoto après 2012 s’applique aux principaux émetteurs de gaz à effet de serre. Actuellement, Kyoto n’oblige que 36 nations industrialisées à réduire leurs émissions.
Le Japon a déclaré qu’une approche plus flexible que les limitations actuelles numériques des émissions sous Kyoto était nécessaire pour être certain que les pays en développement y adhèrent.
« Nous avons expliqué nos propositions post-Kyoto et la Russie n’a pas montré d’objection » a déclaré Hiroshi Oe, à propos des premières discussions sur le changement climatique entre les deux pays.
« Ce sont les russes qui ont commencé la conversation en disant que ce n’était pas une bonne idée de répéter les mêmes erreurs qu’à Kyoto » a précisé Hiroshi Oe.