Une combinaison mortelle de changement climatique, de pêche excessive et de pollution pourrait provoquer l’effondrement des réserves commerciales de poissons dans le monde d’ici quelques décennies, d’après les déclarations de Achim Steiner, directeur du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE).
« Si on additionne tous ces facteurs on se rend compte qu’il s’agit d’une combinaison mortelle pour les réserves de poissons du monde » a déclaré Achim Steiner vendredi en marge d’une conférence sur le climat qui impliquait plus de 150 nations et 100 ministres de l’environnement.
Près de 2,6 milliards d’individus dans le monde dépendent des poissons pour leurs apports en protéines, d’après le rapport du PNUE intitulé « In Dead Water » (Dans les eaux mortes) publié vendredi.
Le changement climatique s’est ajouté aux problèmes plus anciens tels que la pêche excessive, alors que l’augmentation des températures tue les récifs de corail, menace les lieux de reproduction du thon et déplace les courants des océans, et avec eux le plancton et les petits poissons dont dépend la chaîne alimentaire océanique.
« La question n’est pas de savoir si nous devrions arrêter de pêcher mais plutôt de répondre au problème du changement climatique, qui crée un degré d’impact que nous n’avions jamais vu auparavant » a déclaré le principal auteur du rapport du PNUE, Christian Nellemann.
« Nous observons de plus en plus de signes alarmants de changements catastrophiques dans les océans. Il faudra sans doute un million d’années pour que les océans se remettent des changements que nous provoquons ».
Le rapport du PNUE indique que les zones les plus affectées sont celles dans lesquelles sont pris la moitié des poissons commercialisés dans le monde.
Un ralentissement des courants des océans en résultat du changement climatique pourrait interrompre au cours des 100 prochaines années le transport des nutriments pour les régions côtières de pêche les plus importantes, ainsi que l’évacuation de la pollution.
Parmi les autres conséquences du changement climatique, Christian Nellemann a déclaré qu’il pensait que plus de 50% des récifs de corail disparaîtraient d’ici 2050 en conséquence de l’augmentation des températures, ce qui aurait un impact significatif sur le tourisme.
Les émissions de dioxyde de carbone provenant de la combustion d’énergies fossiles créent un acide quand il se dissout dans l’eau, et qui pourrait dans les prochaines décennies rendre la mer plus acide qu’elle ne l’a jamais été au cours des 65 millions d’années précédentes. Cela pourrait ainsi d’ici 2100 empêcher les mollusques dans certaines mers de former des coquilles.