Dans quelle ère géologique vivons-nous ? Pour beaucoup, l’homme vit actuellement dans l’ère géologique du Holocène, la dernière des nombreuses phases interglaciaires du Quaternaire, et la seule à avoir obtenu le statut d’époque. Mais de nombreux scientifiques pensent que l'homme vit en fait dans une nouvelle ère géologique, l’Anthropocène.
L'Holocène est également la seule unité de l’ensemble du Phanérozoïque - les dernières 542 millions d’années - dont la base est définie en termes de nombres d’années à partir de notre époque, soit 10.000 années radiocarbone avant 1950.
Cependant, en 2002, Paul Crutzen, le Prix Nobel de chimie, a suggéré que nous avions quitté l’ère du Holocène et que l’humanité étaient entrée dans une nouvelle ère, l’Anthropocène, en raison des effets des activités humaines sur l’environnement (perte de biodiversité, changement climatique, érosion des sols, …), de l’augmentation de la population et du développement économique.
Depuis, ce terme « anthropocène » est entré dans le langage géologique de manière non officielle, pour désigner l’environnement mondial contemporain dominé par les activités humaines.
Le terme Anthropocène, qui est de plus en plus employé pour désigner l’intervalle actuel des changements anthropologiques de l’environnement mondial, peut être discuté sur les bases de la stratigraphie. C’est notamment le cas de seize géologues britanniques qui ont décrit dans un article pourquoi l’holocène s’était achevée, et avait été remplacée par l’anthropocène, une nouvelle ère géologique.
Ces scientifiques estiment qu’il faut considérer l’Anthropocène comme une époque officielle parce que depuis le début de la Révolution Industrielle, la Terre a enduré des changements suffisants forts pour laisser une signature stratigraphique mondiale différente de l’Holocène ou des phases précédentes interglaciaires du Pléistocène. Ces changements comprennent des changements biotiques, sédimentaires, et géochimiques.
Ces changements, même s’ils ne sont que dans leur phase initiale, sont suffisamment distincts et établis pour suggérer que la frontière entre l’Holocène et l’Anthropocène dans l’histoire récente est raisonnable d’un point de vue géologique, selon ce travail publié dans la revue britannique « GSA Today ».
Cette frontière peut être définie soit par un GSSP, c’est-à-dire un point ou une section stratigraphique mondiale, ou Golden Spikes (pic d’or), ou par l’adoption d’une date numérique. L’adoption officielle de l’époque de l’Anthropocène dans un futur proche dépendra largement de son utilité pour les géologues qui étudient les évolutions futures de la Terre.
Le fondement de toutes les autres périodes, époques ou âges, depuis l’âge du Cambrien, est défini par des Golden Spikes, dont une partie est choisie pour être une Section Stratotype Mondiale, la Golden Spike étant placée à un endroit convenu de l’intérieur, donnant naissance à un GSSP (Global Stratographic Section and Point).
Or il apparaît selon la Commission de la stratigraphie de la Société géologique de Londres que des changements stratigraphiques significatifs ont apporté suffisamment de preuves pour la reconnaissance officielle de l’Anthropocène –qui est actuellement une métaphore claire mais informelle des changements de l’environnement mondial- comme étant la nouvelle époque géologique qui devrait être officialisée par des discussions internationales.
Le point de départ de l’ère géologique de l’Anthropocène pourrait donc être définie par un GSSP dans les sédiments ou les carottes glacées ou simplement par une date numérique.