A l’occasion de la manifestation organisée il y a quelques temps contre l'insecticide Cruiser à l’initiative de la filière apicole française, la fédération France Nature Environnement a tenu à rappelé sa demande de retrait de l’autorisation de mise sur le marché pour l’insecticide Cruiser (produit par la société Syngenta Agro SAS) pour l’enrobage des semences de maïs, accordée en janvier dernier par le Ministre de l’agriculture.
Selon la fédération France Nature Environnement, « les études présentées pour l’homologation du CRUISER sont totalement insuffisantes pour attester de l’absence de risque pour les populations d’abeilles et autres insectes pollinisateurs. Par ailleurs, FNE demande que l’agronomie reprenne enfin le pas sur la chimie, et que soient remises en cause les pratiques à risques telles que la monoculture de maïs. »
L’insecticide Cruiser, utilisé en enrobage de semences de maïs, appartient au même groupe d’insecticides que le Gaucho et le Régent. Comme eux, c’est un produit systémique qui diffuse dans toute la plante et sa présence dans le pollen est reconnue. La substance active de ce produit, le thiaméthoxam, est reconnue par l’Europe et l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) en France comme très toxique entre autres pour les abeilles, assure la fédération France Nature Environnement.
La fédération France Nature Environnement « dénonce une autorisation accordée dans la hâte, sous la pression des fabricants, distributeurs de pesticides et des semenciers. »
Pour Claudine Joly, référente agricole de France Nature Environnement, « la France a, vis-à-vis du Gaucho et du Régent, une position originale et courageuse que nous saluons. Nous lui demandons de rester dans cette logique en revenant sur l’autorisation du Cruiser. »
Les agriculteurs sont, certes, confrontés à un parasitisme croissant des cultures. Mais pour France Nature Environnement, « le problème de fond réside dans des pratiques à risque telles que la monoculture de maïs, qui augmentent considérablement la dépendance des cultures aux pesticides. »
Pour Jean-Claude Bévillard, chargé des questions agricoles à France Nature Environnement, « il est temps que l’agronomie prenne enfin le pas sur la chimie et que, dans le cas du maïs, il soit mis fin aux pratiques de monoculture à l’origine évidente des problèmes parasitaires. Il est plus qu’indispensable de promouvoir les techniques alternatives à l’usage des pesticides, en particulier la rotation des cultures. »
France Nature Environnement assure qu’elle restera « vigilante sur la mise en œuvre des décisions issues du Grenelle de l’environnement » dont la réduction annoncée de moitié de l’usage des pesticides en 10 ans et retrait des molécules les plus dangereuses par Jean-Louis Borloo.